Ne voilà-t-il pas que des princesses royales sont accusées d'adultère sous le règne de Philippe Le Bel, catholique s'il en est. À cette époque, on ne plaisantait pas avec la fidélité des épouses... Les maris, quant à eux, pouvant faire à leur guise. Il faut dire que Philippe Le Bel était très pieux et était resté chaste après la mort de son épouse Jeanne de Navarre, mort survenue neuf ans
plus tôt. Philippe Le Bel avait quatre enfants : Isabelle avait été mariée de force, comme c'était la coutume, à un Anglais pitoyable et homosexuel. Les trois autres étaient des fils, Louis, Philippe et Charles. Eux aussi furent mariés à des princesses de sang royal, comme le voulait la coutume. Louis avait épousé la belle Marguerite de Bourgogne, Philippe, la jeune Jeanne d'Artois, Charles la timide Blanche d'Artois. Les trois jeunes femmes étaient gaies et cultivées, contrastant avec l'austérité de la cour de Philippe Le Bel et leurs époux étaient bien ennuyeux. Marguerite et Blanche voulaient vivre tout simplement. Elles prirent pour amants deux preux chevaliers, beaux comme des diables : les frères d'Aunay, Gauthier et Philippe de leurs
prénoms. Elles retrouvaient ainsi leurs amants, sous le couvert de la jeune Jeanne. Isabelle, la soeur mal mariée à un Anglais fit découvrir le pot aux roses. Philippe le Bel mena une enquête... Il était vérité que Marguerite et Blanche étaient infidèles aux princes et Jeanne leur complice. C'en fut trop pour
Philippe Le Bel, déjà bien en difficulté avec l'histoire des Templiers. Marguerite et Blanche furent arrêtées, jugées, tondues, mal vêtues et conduites en prison au Château Gaillard. Marguerite subit de mauvais traitements, logeant dans une cellule ouverte aux quatre vents. Empoisonnée ? Étranglée ? Morte de froid ? On ne sait pas mais elle mourut en 1314. Blanche survécut, après être passée dans un cachot, et devint religieuse en
Normandie. Quant à Jeanne, elle fut mise sous surveillance à Dourdan, pardonnée et remise en liberté. Elle regagna sa place auprès de son époux Philippe V. Les deux
chevaliers d'Aunay furent jugés coupables d'avoir été les amants des belles-filles du roi dans la tour de Nesle. Ils furent torturés, comme c'était la coutume à l'époque, avouèrent et furent condamnés pour crime de lèse majesté. En place publique, on les dépeça vivants, leur sexe fut lancé aux chiens. Écartelés, ils furent décapités et leurs corps traînés. Ils finirent pendus par les aisselles, les restes de leurs corps étant dispersés. Aucun descendant mâle ne sortira de ces sordides histoires, ni de la part des amants, ni de la part des maris. La loi salique mettra sur le trône un Valois, une branche cousine des Capétiens avec le roi Philippe VI. Ce fut aussi la dernière fois qu'une aussi banale histoire de moeurs fut à l'origine d'un tel bouleversement.
Date de création : 26/11/2006 18:12
Contributions de Catherine

la Tour de Nesle
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