Selon la Commission Pénale de la Conférence des Bâtonniers de France, un détenu condamné ou prévenu (en attente d'un jugement donc) possède un espace de vie estimé entre 2,4 m² et 4m²... Cela donne une idée précise du véritable parcage que vivent les prisonniers cloîtrés dans les prisons françaises. Au premier juillet 2007, l'établissement pénitencier de
Bayonne était en surpopulation à un taux de 200%. A
Orléans, ce taux atteignait 227% et à Lyon... 284% ! Les prisons françaises sont donc surpeuplées et par conséquent, elles n'ont assez de places pour accueillir une population carcérale en constante augmentation. Faut-il plus de prisons, faut-il moins de prisonniers ? Faut-il garantir plus de sécurité en construisant plus, faut-il mieux évaluer la criminalité ? Faut-il plus de prisons mais aussi plus d'humanité et de respect de la dignité des personnes incarcérées ? 57 612 détenus (dont un tiers de prévenus) cohabitaient au premier novembre 2006 dans les cent quatre-vingt prisons françaises, pour un peu moins de 50 400 places disponibles. La République gère cent quinze maisons d'arrêt (chaque condamné et prévenu y passe, mais elles sont faites pour les condamnés à une peine d'un an ou moins d'emprisonnement) et le reste est réparti entre les maisons centrales (peines les plus longues), les centres de détention (peines moyennes), les centre de semi-libertés, les centres pénitenciers et les établissements pénitenciers pour mineurs Chaque jour en France, trois détenus tentent de mettre fin à leurs jours. Une personne y parvient en moyenne tous les trois jours... On se suicide dix fois plus en prison qu'en milieu « ouvert ». Par ailleurs, la toxicomanie est omniprésente, les viols sont courants, et le SIDA est une vraie
épidémie... Dernièrement, une grande consultation des détenus via un questionnaire a été lancée. 15 500 d'entre eux ont répondu. Presque tous réclament un respect de leur dignité : les prisons françaises en effet, ne sont pas faites de la façon la plus noble qui soit. Les douches sont peu fréquentes et collectives et les toilettes sont à la vue de tous, dans les cellules même ! De plus, tout le monde n'a pas accès au
Travail et ceux travaillant ne sont pas sûrs de percevoir leur
salaire, qui plus est bien maigre ! Le taux d'indigence (les personnes sans la moindre ressource) est de 40% en moyenne... Bien souvent, les détenus sont également très éloignés de leur
famille et lors des visites au parloir, les échanges sont courts et non intimes. Une bonne part des détenus (40% selon les estimations) nécessiteraient l'intervention de la
médecine psychiatrique, la demande est donc forte de la part des gens du dedans comme du dehors d'intervenir rapidement. Outre cela, les services sociaux d'aide à la réinsertion sont peu nombreux et cela n'aide pas à ce que trois-quarts des détenus retournent plus derrière les barreaux de nos prisons... Certes, les prisons françaises sont faites pour sanctionner un méfait, un délit, un crime, une faute, mais il n'est pas pour autant besoin que l'on porte atteinte à la dignité et au respect des êtres humains incarcérés... En
France pourtant, le chiffre de détenus incarcérés est moindre que dans les autres
Pays européens : 93 détenus pour 100 000 habitants... Aujourd'hui, en moyenne, un détenu revient par jour à mille six cents euros.
Date de création : 29/11/2006 22:32
Contributions de Jonathan

prisons françaises
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :
Le rapport publié récemment par l'Observatoire des prisons est à ce sujet très instructif