On dit souvent de l'humour qu'il est né Outre-Manche, au royaume du
thé et de
Big Ben... Mais même si l'on s'accordera sur le lieu commun que l'humour est anglais par nature, l'humoriste n'est pas nécessairement anglais : le terme « humour » désigne au début du XVIIIème siècle une
certaine forme d'esprit, que ne peut caractériser que la langue anglaise à travers l'expression « humour »... Donc si l'humour est bien issu de la langue anglaise, l'humoriste a lui toujours existé... Mais pourtant, et cela n'enlève rien au talent nos excellents humoristes bien français, on considère encore l'humoriste anglais comme un maître en la matière. Déjà très tôt, on a su apprécier l'émergence du genre humoristique au travers par exemple d'Alice au
Pays des Merveilles de Lewis Carroll, humoriste surréaliste d'avant-garde, ou encore Charles Dickens, qui ne manque pas d'user et d'abuser dans son oeuvre du burlesque et de l'excentrique... Dans un autre genre,
Oscar Wilde peindra avec une ironie toute anglaise les moeurs de l'aristocratie de Sa Majesté. Puis vont le style de l'autodérision et du cocasse, notamment avec P.G. Wodehouse, et de nos jours David Lodge, excellent critique de la société anglo-saxonne. On dit les français chauvins, mais l'humoriste anglais trouve grâce à ses yeux... Mieux : ils adorent ! On se souvient ainsi des Monty Python, qui après nous avoir fait mourir de rire, ont influencés avec force la plupart des nouveaux comiques français des années 1970. Et d'ailleurs, « Sacré Graal », qui date de 1975, et « Le sens de la vie » sorti en 1982 sont encore des classiques du genre ! Il y a peu, l'humoriste Rowan Atkinson faisait un triomphe chez les mordus de l'humour anglais en incarnant le très célèbre Mister Bean, un anglais moyen, farfelu et naïf, sur qui le sort semble s'acharner... C'est sans compter le vu, vu et revu « Un poisson nommé Wanda », qui inaugure un nouveau style d'humour, un sous-genre de l'humour anglais, entre romantisme et loufoque. En découlera plus tard l'art subtil et « so british » du scénariste Richard Curtis, à qui l'on doit « Quatre mariages et un enterrement », puis « The full monty », « Coup de foudre à Notting Hill », ou encore « Chicken run ».... L'humoriste américain semble lui puiser son inspiration dans l'humour british, en lui imposant une déformation bien américaine : même si le public français semble préférer la subtilité de l'humour anglais, il reconnaît à l'humoriste américain un certain talent... Par exemple, on remarquera le triomphe de
Charlie Chaplin en
France, quasi- inventeur du rire triste, ou encore
Buster Keaton ou le délire incroyablement formidable des Marx Brothers. Ainsi, aux côtés des films comiques au succès international tels ceux de
Spielberg à
Jim Carrey, on retrouve dans la culture humoristique américaine des formes d'humour plus fin... C'est le cas notamment avec
Woody Allen (« Bananas »), des Frères Cohen avec leur « Arizona Junior », ou encore de Tim Burton avec « Beetlejuice » ou « Mars Attaque »... Et même plus récemment des humoristes des studios Dysney ou Dreamworks, avec « Toy story », «
Shrek » ou « Le monde de Nemo »... Pas de monopole donc pour l'éternel humoriste anglais, mais un avenir qui ne semble pas s'assombrir : le « british humour » a encore de beaux jours devant lui, au moins chez les Français !
Date de création : 04/12/2006 18:30
Contributions de Ludovic

L’humoriste anglais
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