Une campagne anti-téléchargement lancée à l'initiative du ministère de la culture et du syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) a inondé la
presse et les murs de nos villes pendant une semaine en début d'année. Explications.
Téléchargez-nous légalement. Un projet ambitieux, qui vise à faire changer les habitudes des
malfrats du net, pour une branche qui va de désillusion en désillusion depuis près de deux ans. Moins 30% de revenus pour les éditeurs de musique en France. Et comme seule excuse, mettre la faute sur les sites de peer-to-peer, ces sites comme
Kazaa ou e-donkey, où les internautes peuvent s'échanger des morceaux... gratuitement. Et c'est bien là que le bas blesse. Les majors, Universal Music en tête, n'acceptent pas cet affront. Leur seul et unique souhait : broyer ce système. Le réduire en miette pour avoir le monopole musical, et augmenter leurs recettes.
Mais il est hors de question d'avouer l'inavouable. Se faire de l'argent n'est pas bon pour l'image, alors on se la joue défenseur de l'
artiste. Amoureux de la culture et ardent défenseur de la bonne façon de penser. Sitôt téléporté sur le site de la multinationale la plus rentable du marché, la couleur est annoncée. " Echanger gratuitement de la musique sur Internet, c'est réduire au silence ceux qui la font ".
Et Monsieur Pascal Nègre, médiatique président d'Universal, de rajouter que les "petits malins " adeptes du
peer-to-peer, sont " des tueurs de musique". Dure réalité, certains d'entre vous seraient d'abominables musicides. Hervé Rony, directeur général du SNEP, bien que plus conciliant, reste lui aussi persuadé des méfaits du téléchargement gratuit. Selon ses dires, " les petits artistes se font connaître sur
Internet, mais jamais latoile ne les aidera à vendre des albums ". Le remède, augmenter les ventes d'artistes "vendeurs ". Logique incontestable dans un milieu gangrené par l'argent. « Euréka », se sont alors dit tous les pontes du marché du
disque en
France. Prenons rendez-vous avec le ministre de la Culture et de la
communication, lui seul pourra nous aider.
Rendez -vous pris, la répression s'en voit accrue. Les condamnations pleuvent comme des petits pains. Oui, mais des petits pains rassis pour les utilisateurs qui ont eu la malchance de se faire prendre. Des amendes corsées, des
ordinateurs confisqués. Bref, à une
chanson près ils ont évité la perpète ! Mais les producteurs ont tout de même bon fond et après la punition, ils vont faire de la prévention ; pour gagner des ronds. Ils sont donc entrés dans un partenariat actif avec des sites de
téléchargement payant. Cette nouvelle campagne qui a coûté la bagatelle d'un million d'euros devrait selon le SNEP, " pousser le consommateur ", et non pas l'amateur de
musique, " à ouvrir les
yeux sur les difficultés qu'ont les maisons de disques à sortir de nouveaux artistes de qualité ". Il faut cependant admettre que des énormes concessions tarifaires ont été accordées. Seulement 9,99
euros l'album. Hervé Rony de rajouter " le culturel est trop cher, il faut baisser les
prix. Mais n'oublions pas les réalités économiques ". Ne t'en fais pas Hervé, nos portefeuilles n'oublient pas tes réalités économiques !
Date de création : 22/12/2005 17:30
Contributions de Jeremy
c'est pas avec un slogan comme "Téléchargez-nous, c'est payant !" qu'ils vont me faire réagir en tout cas !