Marie-Thérèse est la fille aînée du couple royal maudit par le peuple et exécuté, Louis XVI et Marie-Antoinette. Comment cette histoire d'usurpation d'identité présumée a-t-elle débuté ? Après l'exécution de ses parents, Marie-Thérèse est confiée à l'Autriche, dans sa famille maternelle. Ses souvenirs de France ne sont pas très glorieux car en un temps, Marie-Thérèse doit
partager la cellule de sa mère lors de
la Révolution. Cependant, des rumeurs affirment qu'une substitution a lieu, Marie-Thérèse se réfugiant, dans cette période trouble et sanguinaire, on ne sait où, livrant à sa place une sosie pour assumer ses titres royaux à l'étranger. Mieux encore, « Marie-Thérèse » allait entrer dans la cour de Louis XVIII au sein de la
famille royale, par personnage interposé, l'usurpatrice ayant tous les traits de Louis XVI et non de « sa mère ». La vraie fille de Louis XVI aurait pourtant vécu sous la protection du Comte Vavel de Versay (secrétaire de l'
ambassade de Hollande à
Paris de 1798 à 1799). Il est en effet étrange qu'en 1803 apparaisse en
Allemagne, à Hildburghausen, un couple des plus bizarres : l'homme a un accent hollandais, la femme se cache sous des vêtements noirs et son visage est voilé (de là vient son surnom de « Comtesse des Ténèbres »)... Bizarre aussi cette grande déférence que lui témoignent l'homme et le cocher qui l'accompagnent partout... Bizarre encore les fleurs de lys brodés sur son linge. Le Comte arrive avec son étrange compagne à Ingelfingen en juin 1803 dans le royaume de Wurtemberg. Paradoxalement, il reçoit maints courriers de la maîtresse du duc d'Enghien, seul noble encore royaliste sous le règne de
Napoléon. Le 17 mars 1804 a lieu l'arrestation du duc d'Enghien... Puis son exécution... L'étrange couple se réfugie à Wurtemberg pour regagner
La Hollande en 1806 dans un château isolé, aux environs de Leyden. Hildburghausen est une autre étape le 7 février 1807 où ils sont recueillis par une amie d'enfance de Marie-Antoinette. La dame en noir ou Comtesse des Ténèbres comme on l'a surnommée alors, a une protection rapprochée et nul ne peut voir son visage. Le 14 octobre 1810, un château est loué, par intermédiaires, à Eishausen, près de Hildburghausen, au Comte Vasel de Versay. À noter que l'infrastructure de ce château était un peu particulière puisqu'on y trouvait un souterrain partant des caves jusqu'à un bois. Il avait l'air aussi d'une forteresse seigneuriale. Le couple est coupé du monde mais ne manque vraiment de rien, avec un train de vie que lui envieraient toutes les cours européennes de l'époque si... Elles le savaient. Nul bal, nulle réception, mais des repas dignes de Pantagruel. Le couple ne semble pas être amants puisque l'une dort au 2me étage et l'autre au premier. Chose curieuse encore, en 1826, le duché d'Hildburghausen appartient au Grand-Duché de Saxe-Meiningen et contre toute attente, des mesures de protection sont prises envers ce drôle de couple. La Comtesse des Ténèbres meurt le 28 novembre 1837 à Eishausen. Il faut faire vite : sa dépouille est enterrée le soir même sans les onctions d'usage par l'Eglise Catholique. Pourtant, sa tombe située sur une colline sera ouverte en 1891 et d'après un
médecin légiste, la ressemblance sera frappante avec Marie-Antoinette. Mais « Sophie Botta », d'après les papiers personnels de Comte Vavel de Versay, était « célibataire, d'origine de la Westphalis, âgée de 58 ans ». Elle n'existait tout simplement pas d'après les registres de l'époque... (ce qui est confirmé par les recherches d'historiens futurs). Reste que la duchesse d'Angoulême ne ressemblait en rien à sa « mère », alors que tout était frappant chez « Sophie Botta ». Beaucoup d'autres preuves établiront que la duchesse d'Angoulême était une usurpatrice manoeuvrant à la Cour de
France et d'
Autriche. Il est supposé qu'elle fût la fille naturelle, nommée Ernestine, de Louis XVI et d'une Madame Lambriquet, obtenant ainsi le titre de Duchesse d'Angoulême et se faisant passer pour la fille de Marie-Antoinette. La Comtesse des Ténèbres était-elle bien la fille de
Louis XVI et de
Marie-Antoinette ? Et pourquoi la duchesse d'Angoulême aurait-elle pu, sans que cela choque le moins du monde les cours de l'époque, se faire passer pour la fille légitime du roi et de la reine ? Les questions restent posées. J'émets ici une supposition... Il fallait peut-être éloigner la prétendante au trône, Marie-Thérèse, sous peine qu'elle soit décapitée. Entre-temps, une autre prétendue
fille royale par le père, désabusée d'être bâtarde, eut, en un temps, honneurs et gloires. Comme dans toutes les énigmes historiques, nous ne saurons jamais la vérité.
Date de création : 14/12/2006 18:22
Contributions de Catherine

Comtesse des Ténèbres
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