C'est en voulant découvrir les secrets de la vie que les maîtres horlogers du dix-huitième siècle commencèrent à concevoir un domaine technologique passionnant : l'automatisme, qui a mené à la robotique d'aujourd'hui, qui est bel et bien vieux de plusieurs siècles. Un automate n'est pas forcément une chose animée mécaniquement ressemblant à l'humain (qu'on appelle aussi
androïde) : une
horloge est déjà un automate. Il existe toutes sortes d'automates : le distributeur de billets de banque en est un par exemple. Un minuteur en est un autre ! Mais l'on en trouve depuis longtemps dans l'industrie, dans les films (pensez aux dinosaures de « Jurassic Park » de
Steven Spielberg !) et dans les parcs d'attraction, ou encore les micromodèles comme les trains électriques, les hélicoptères et les voitures radiocommandées qui sont autant d'automates ! C'est la maîtrise des mécanismes et de la pneumatique, puis de l'
électricité, de la vapeur et de l'électronique, qui ont permis de donner vie aux automates. Avec la compréhension du biomécanisme humain (la biomécanique étudie la mécanique physique du vivant : comment un bras ou un genou se plie, comment les fluides circulent, etc), les scientifiques du dix-huitième siècle, partant de l'horlogerie, se mirent à reproduire des humains et des animaux sous la forme d'automates.
La famille suisse d'horlogers de luxe Jaquet-Droz est un parfait exemple de ces artistes de la mécanique androïde : Pierre et Henri-Louis Jaquet Droz et Jean-Frédéric Leschot fabriquèrent pour les cours royales les automates de la musicienne, de l'écrivain et du dessinateur que l'on peut aujourd'hui voir au château de Neufchatel (ils ont d'ailleurs tellement circulés en
Europe qu'ils furent perdus à plusieurs reprises). Ils sont impressionnants de réalisme dans leurs gestes et dans la complexité de leur mécanisme. Les automatistes des siècles précédents fourmillaient d'ingéniosité et d'imagination : on reproduisit aussi bien des écrevisses que des
éléphants, des
chiens que des
insectes ! De nombreux riches ou aristocrates s'y consacrèrent à leurs heures perdues : ainsi le grand horloger et
inventeur français Jacques de Vaucanson, qui créa également le métier à tisser pour l'industrie française de la soie et du tuyau de caoutchouc, était connu internationalement pour ses automates d'une précision et d'un réalisme insurpassés. Ce magicien de la mécanique, spécialiste de physique, de
musique, d'anatomie et de mécanique conçut des merveilles. Son premier androïde – un faune grandeur nature jouant de la flûte – fut acclamé avec triomphe lors de sa présentation. Vaucanson fabriqua ensuite un musicien jouant du tambour et du flutet en même temps (!) ainsi qu'un canard qui mangeait, cancannait, barbottait et déféquait ! Ce dernier était totalement époustouflant. Robert Houdini toutefois démontra qu'il s'agissait certainement pour ce dernier d'un subterfuge – qu'un canard était en fait mis à l'intérieur. Ces trois automates firent eux aussi le tour du monde. Malheureusement, le canard fut brûlé dans un incendie et les deux androïdes ont disparus. De nombreux
automates de ce genre existent encore... A découvrir... ou à surpasser avec de plus ingénieux !
Date de création : 18/01/2007 18:01
Contributions de Jonathan
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