Les squatteurs du Grand Lyon sont menacés d'expulsion. Motif : des locaux qui ne répondent pas
aux normes de sécurité. Les artistes vivent dans l'incertitude.
L'association Superchampion squatte les murs du Grand Lyon. Le collectif de 15 jeunes activistes
promouvant l'art en tout genre a reçu le 22 novembre un référé d'expulsion. La cause : le lieu ne serait pas aux
normes de sécurité pour accueillir un public. Un art menacé qui tentait déjà de subsister dans des locaux du Grand Lyon laissés à l'abandon.
" On savait que notre projet n'était qu'éphémère. On attendait d'avoir un dialogue avec la ville pour élargir nos perspectives ", explique Nicolas Poisson, membre de l'association.
Les normes de sécurité ne sont pas les premières préoccupations des squatteurs.
Peintures,
photos, concerts, un programme beaucoup plus 'parlant' pour ces jeunes artistes. " Nous voulons mélanger les arts, être plus éclectiques mais nous sommes coupés dans notre élan ", déclare Karim,
peintre au squat depuis quelques mois.
Quinze
concerts ont déjà vu le jour dans ces salles customisées qui transpirent le besoin vital de s'exprimer. " Notre musique sort des sentiers tout tracés, des mass médias, on recherche une vraie esthétique novatrice ", explique Nicolas, lui-même
musicien du groupe punk rock The Rubiks. Un squat artistique qui a toute son importance pour le rayonnement culturel de la ville.
Mais le Grand Lyon garde un tout autre discours. Le risque des normes de sécurité est trop sérieux et engage la responsabilité de la collectivité. Des normes difficiles à assumer pour une
association d'amateurs à petit
budget. La mise en examen du dossier a eu lieu hier au
tribunal correctionnel de
Lyon. Les squatteurs sont toujours en suspens, ils craignent l'expulsion totale, ce qui mettrait certains
artistes à la
rue et éteindrait un art déjà peu promu...
Date de création : 11/01/2006 11:18
Contributions de Jeremy