Les prémices de la Renaissance se font en Italie, et se font aussi bien en littérature qu'en art, comme le dit Pétanque. Une des grandes affaires des théories italiennes sera d'ailleurs l'interprétation de l'Antiquité. Et c'est en 1540 que Serlio publiera le 1er livre d'études sérieuses sur l'architecture, intitulé Livre III. En revenant à l'Antique, la Renaissance se soumet à un
ensemble de règles qui sont régularité, symétrie et proportion. Le tout étant défini par un tracé rigoureux, des façades rectilignes et des angles droits. En France,
la Renaissance mettra beaucoup plus de temps à démarrer et se basera principalement sur les restes des anciens châteaux du Moyen Age. On retiendra ainsi les châteaux d'Amboise qui est basé sur une
rénovation d'un château du médiéval avec une régularité dans les plans, mais également le château de Fontainebleau, qui a subi un rhabillage de sa cour en forme ovale ainsi qu'une régularité au niveau des ouvertures (très différent de ce qui se faisait au
Moyen Age, ou seul des meurtrières étaient présentes ainsi que des murs imposant sans ouverture). Ce magnifique château Renaissance jouxtant la ville de Fontainebleau a été le lieu de résidence des souverains de la France de François Ier à
Napoléon III. François Ier (1494 - 1547) s'éprit du site à cause de la forêt. Il entreprit dès 1528 la reconstruction et la rénovation du château construit par Saint Louis. Pour la décoration de la construction, François Ier a fait appel à des artistes italiens ; un Florentin, Rosso (1494 - 1540) et le bolonais Primatice (1504 - 1570) ; tous les deux sont à l'origine de ce que l'on appelle aujourd'hui la Première école de Fontainebleau, une des principales écoles françaises de cette période, au rayonnement international. Pour ce qui est de la
décoration, la galerie, située au premier étage d'une aile bâtie en 1528 pour relier l'
appartement du roi à la chapelle de la Trinité la galerie, fut décorée sous la direction de Rosso, entre 1533 et 1539, et achevée juste avant la visite de Charles-Quint, en 1539. Elle est longue de soixante mètres et large de six mètres. Les fenêtres situées au nord furent bouchées lors du doublement du bâtiment en 1785. Une campagne de restauration, de 1960 à 1965, a permis la redécouverte, sous les repeints du XIXe siècle, des couleurs d'origine des fresques. Le programme iconographique de la galerie nourri de références à l'Antiquité se veut une exaltation du pouvoir royal et une réflexion morale et religieuse. On lui doit notamment le plafond à caisson et les hauts lambris, ainsi que la frise qui est une allégorie à François Ier, le tout étant en stuc (cf. Erwin Panofsky, La galerie de Fontainebleau). On a une représentation de la fontaine de jouvence, l'ignorance chassée, et l'éléphant, la fleur de lys. Chaque emblema (scène principale) est complétée par des sculptures. De 1540 à 1565, on assiste ainsi à une floraison intellectuelle, avec l'apparition de personnalités propres dans l'art classique français avec l'arrivé de la dernière génération d'
architectes italiens à la cour. Vignole vient également apporter des nouveautés avec des moulures de statues romaines qui vont venir décorer la galerie des cerfs de
Fontainebleau. On subira également l'influence de Sebastiano Serlio (1475-1554) qui arrivera en
France en 1521. On a également le retour d'
Italie de Philibert de l'Orme qui apportera ses connaissances des édifices artistiques italiens. On va également puiser les influences dans le traité sur l'architecture de Vitruve. Tous ces éléments donneront
naissance à la première période de l'
architecture classique française.
Date de création : 26/01/2007 00:15
Contributions de Julien

Fontainebleau
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