Construite à partir de 1119, l'église d'Autun est consacrée en 1130, en même temps que la réalisation du tympan du portail. En 1132, Autun reçoit les reliques de Saint Lazare, puis en 1170, son tombeau. Le tympan se trouve sur le portail ouest et mesure quatre mètres soixante-deux de haut pour six mètres cinquante-trois de large. Il arbore le thème du Jugement dernier en quatre parties. Au
centre se trouve un Christ, trônant, de la fin des temps, représenté comme juge, et hiératique. Il s'inscrit sur un trône architecturé, soutenu par quatre anges, dont deux plongent. On a également une représentation de la lune et du
soleil, caractéristique de l'apocalypse. Les scènes latérales supérieures représentent Marie trônant sur la gauche et un démon sur la droite. Ils sont entourés d'anges sonnant les trompettes. Dans les représentations inférieures latérales, à droite, se trouve une représentation de l'enfer avec le Léviathan, tandis qu'à gauche se trouvent le collège apostolique et la
Jérusalem céleste. Sur la partie droite, on constate également l'ouverture du
livre de vie, en référence à l'évangile de Matthieu XXIV – XXV. Le linteau arbore le thème de la résurrection des morts, dans un jugement qui est déjà prononcé, les élus vont ainsi vers la gauche, et donc la droite du Christ, tandis que les autres vont vers la droite. Les voussures sur le portail ouest de l'église d'Autun, au nombre de trois, représentent dans un premier temps, les préceptes et les lois de Moïse, une décoration végétale, et les signes astrologiques accompagnés des travaux des mois. On a ainsi une nouvelle représentation du Macrocosme et du Microcosme, sur lesquels veille le Christ. Le tympan de l'église d'Autun s'inscrit dans une composition régulière et géométrique. Les registres communiquent entre eux. Le Christ, monumental, prône un sentiment de calme. Les personnages sont représentés fins et élancés. Les corps s'articulent principalement suivant des angles droits. Toutes les figures se dégagent sur un très haut-relief, sauf le Christ qui est traité en bas-relief. Les personnages s'inscrivent ainsi, suivant un certain désordre, où seul le Christ est stable. L'idée de va et vient est omniprésente. L'
artiste d'Autun a cependant tenté de rompre avec l'idée d'horizontalité en apportant des éléments verticaux comme le Christ. Le Christ rappelle également de par sa position que le jugement n'est pas encore fait. L'église d'Autun s'inscrit donc dans la plus pure tradition bourguignonne, avec une élongation des personnages, en référence à Cluny III. Le style est résonnant avec celui des autres églises bourguignonnes, antérieures et postérieures. Il s'agit d'un des chefs d'oeuvre de l'art bourguignon avec Vézelay. Le thème du nouveau testament et plus précisément celui de l'Apocalypse et de la fin des temps est ici parfaitement mis en avant, dans une des représentations les plus magistrales de cette période romane, puisqu'il faut ensuite se tourner vers les édifices gothiques pour retrouver une telle mise en oeuvre d'une représentation du nouveau testament et de la fin des temps comme à Autun.
Date de création : 12/02/2007 10:45
Contributions de Julien

Autun
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