Le 23 septembre 1970, le cinéma Français était en deuil. André Bourvil venait de s'éteindre à l'âge de 53 ans. Aucun comédien n'a pu prendre sa place, la qualité de ses interprétations était inégalable. Au travers de ses films se dégageait une chaleur humaine et une telle bonne humeur communicative, que chaque apparition apportait une mesure supplémentaire à tout ce que
Bourvil touchait. « Ah bat elle va marcher beaucoup moins bien » cette célèbre phrase où Bourvil donne la réplique à
Louis de Funès, résonne encore dans les oreilles du public avec ce film inoubliable « Le Corniaud ». Il n'était pourtant pas destiné à cette vie artistique. Né le 27 juillet 1917, en pleine
première guerre mondiale, André Zacharie Raimbourg commence tristement sa vie d'enfant. Son père est tué sur le champ de bataille avant sa
naissance. Dans le petit village nommé Bourville, la vie est difficile pour cette maman seule avec deux enfants. Il devra travailler dur à la ferme. Malgré toute la rigueur de la vie à la campagne, le petit André trouvera du réconfort dans la musique dès l'âge de dix ans. Il passera son certificat d'étude et dès ses 14 ans, décidera de s'occuper de la ferme avec sa
famille. Pendant ses loisirs, il rentrera dans la fanfare. Au bout de cinq ans de petits pas dans la musique, il décidera de quitter la campagne pour la ville, car son don pour la
musique le hantera plus que jamais. Il sera apprenti boulanger à
Rouen, le temps de voir s'ouvrir une porte éventuelle vers sa passion. Il aura la confirmation de son but, quand à l'âge de 20 ans il assistera au concert de Fernandel. Il n'aura désormais qu'une idée en tête : devenir
artiste. Pendant son engagement militaire à Paris qui durera 3 ans, il aura son premier public dans la caserne où il étonnera ses compagnons par ses bouffonneries plus talentueuses les unes que les autres. La deuxième guerre mondiale éclatant, il sera envoyé sur le front à
Pau. Là il rencontrera son meilleur ami et le futur parolier de bon nombre de chansons. Etant réserviste mobilisé, Bourvil rejoint Paris en 1941. Il fera ses premiers essais à « La Gaieté Montparnasse », où il décidera de prendre comme nom de scène Bourvil, en hommage à son village natal. Ses premières compositions feront l'unanimité du public, et il obtiendra plusieurs contrats dans divers cabarets. Entre temps, en 1942, il épouse son premier
amour qui sera la femme de toute sa vie. Il continuera son ascension dans le monde de la chanson et son premier tube « Les Crayons » signera le départ d'une star. Le cinéma ne sera pas dupe et ressentira une attirance particulière pour ce faux benêt, qui se produira sur scène avec son pantalon trop court et sa veste étriquée, usant de sa voix de fausset pour interpréter ses One man Show. Il tournera donc les films, « les trois mousquetaires », « Les Misérables », « La grande Vadrouille » pour ne citer qu'eux et « La traversée de
Paris » avec
Jean Gabin,
Robert Arnoux, le film lui vaudra le grand prix d'interprétation de
Venise. Entre son succès d'
acteur et celui de
chanteur où il interprètera de nombreux succès comme « La Balade Irlandaise », «
Salade De Fruits », « La tactique du Gendarme », il aura un fils. Bourvil consacrera énormément de temps à cet enfant et à sa femme Jeanne, il les fera toujours passer en priorité et dira toujours « je suis heureux ». A l'apothéose de sa gloire, il tournera en 1967 « Des Cracks », mais le trop grand bonheur qui l'envahira s'assombrira brutalement. Il apprendra qu'il est atteint d'un cancer des os et que ses jours sont comptés. Il décidera de se battre et de ne rien changer à cette vie qui le comble. Il enchaînera les tournages et les scènes, oubliant les douleurs. En 1970, il terminera le film « Le cercle Rouge » avec
alain delon et
Yves Montand. Il n'aura pas le temps de le voir. Bourvil ce petit paysan normand, saura toujours rester simple, populaire et généreux. Il aura marquer le
cinéma du XXième siècle par son humour teinté d'une extrême délicatesse.
Date de création : 24/03/2007 12:56
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Bourvil
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