Une fois n'est pas coutume ! Au lieu de glorifier la surpuissance américaine, plongeons-nous un peu dans l'histoire de sa colonisation. Des génocides, il y en a eu, comme en
Tchétchénie, au
Tibet, au
Rwanda, lors de la Shoah, il
y en a encore au
Soudan actuellement... L'histoire de l'humanité est triste de génocides, plus cruels les uns que les autres et l'on ne peut faire de comparaison entre horreur et horreur. Mais paradoxalement, personne n'ose évoquer ce mot en ce qui concerne les Etats-Unis d'
Amérique. Et pourtant ! Rappelons ici, l'histoire des Nez-Percés, peuple fier qui vivait dans les états actuels de l'
Idaho, de l'Oregon et de Washington. Les Nez-Percés vivaient en paix dans le Nord-Ouest des Etats-Unis jusqu'à l'arrivée de l'expédition de Lewis et Clark. En fait, mieux vaut appeler cette tribu « Nimi'ipuu » car le terme « Nez-Percés » a été affecté à de nombreux peuples à travers le monde. Quoi qu'il en soit, le traducteur de Lewis et Clark aurait mal fait son
Travail car cette tribu n'a jamais porté de tels ornements dans le nez. Bref, à l'époque de
Lewis et Clark, les Nimi'ipuu étaient des nomades qui occupaient un vaste territoire et qui se déplaçaient en fonction des saisons, qui chassaient, pêchaient, cueillaient. Le premier membre important des Nimi'ipuu fut Hinmaton-Yalaktit, suivi d'Allalimya Takanin (alias Looking Glass), un pacifiste né en 1832 qui était contre la déportation de son peuple en
Oregon, mais qui fut capturé par le Général Howard. En 1877, le gouvernement des
Etats-Unis viole le traité délimitant le territoire des Nez-Percés ou Nimi'ipuu. De plus, il veut éloigner les Indiens et les entasser dans des réserves. C'est alors que Chef Joseph né en 1840 intervient et tente de se réfugier avec son peuple au Canada, pressentant les conditions atroces d'incarcération. Les habitants de Wallowa, les Wallamwatkain, seront sauvés. Les hommes de Looking Glass partent, eux, à Big Hole dans le
Montana. C'est une cruelle défaite le 9 août 1877. Chef Joseph, quant à lui, poursuivit la lutte pour son peuple, pour la défense de ses droits et de sa culture, jusqu'à sa
mort. La violation des traités était répétée par les Etats-Uniens. Il avait pris la succession de son père « Old Chef Joseph » en 1871 et dut faire face à la ruée vers l'or des Etats-Uniens qui voulaient envahir ses terres. Il prit le parti de l'opposition et remporta une douzaine de batailles contre les « Tuniques Bleues ». Réalisant que le surnombre des ennemis allait aboutir à une défaite, il entraîna son peuple vers le
Canada sur un trajet de 2 100 kms avec femmes et enfants à travers les
Montagnes Rocheuses et le
Missouri. Traqués sans relâche, les Nez-Percés mobilisent près de 2000 « Tuniques Bleues ». Presque arrivés au but, à une soixantaine de kilomètres, affamés, épuisés, ils sont attaqués le 30 septembre 1877 par le général Nelson A. Miles. Ceux qui n'ont pas été massacrés se rendent le 5 octobre 1877. Au final, des centaines d'hommes (700 guerriers), de femmes, de vieillards et d'enfants furent emprisonnés et déportés. Les promesses américaines ne furent pas tenues. La plupart des survivants ne furent pas renvoyés dans leurs terres mais dans le territoire Indien de l'
Oklahoma, parqués dans des réserves. Chef Joseph tenta de convaincre les diplomates de
Washington DC pour permettre à son peuple de revenir dans sa chère vallée de Wallola. Ce ne fut qu'indifférence. Le grand chef Joseph mourut à Colville dans la réserve de l'état de
Washington le 21 septembre 1904. L'on retient de ce grand homme des discours bien plus humanistes que ceux que l'on entend aujourd'hui : « Tous les hommes ont été créés par le même Esprit Divin. Nous sommes tous frères. Notre terre est la mère de tous les êtres humains, et tous devraient bénéficier de ses bienfaits de manière égale. Je sais que nous autres, Indiens, devons changer... Nous voulons seulement avoir les mêmes droits que les autres hommes, nous voulons être comme faisant partie de l'humanité. Et lorsque l'
Indien sera traité par l'homme blanc, comme tout être humain, alors nous ne connaîtrons plus la guerre. Nous aimerions être les enfants d'une même et seule
famille sous un seul et unique ciel entouré du même pays, et nous prions pour que cela advienne. ». Si cette histoire vous intéresse, je vous recommande la
lecture de « Joseph and the Nez Perce War » ou « Je ne combattrai plus jamais : Chef Joseph et la guerre des
Nez-Percés » qui est une compilation d'interviews de descendants, de lettres contre les violations des traités et les déportations et des témoignages des combats de 1877.
Date de création : 18/04/2007 13:45
Contributions de Catherine

Chef Joseph et les Nez-Percés
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