Partageant les idées des principaux leaders de la Confédération Argentine, aussi appelée « Provinces Unies du Rio de la Plata », Manuel Dorrego prend la relève de Bernardino Rivadavia lorsque celui-ci est démis de ses fonctions de Premier Président d'Argentine... Né le 11 juin 1787 à Buenos Aires et fils de commerçants portugais, Manuel Dorrego est le dernier d'une fratrie composée
de cinq frères. Il suit des études au collège mais bien vite, s'engage dans l'Armée du Nord qui est à l'époque dirigée par Manuel Belgrano. Très indiscipliné malgré ses valeurs militaires, il est sanctionné par le grand général José de San Martin qui lui interdit de participer aux dernières batailles. Pendant ce temps,
Bolivar était à la tête de l'Armée des Andes pour libérer le
Chili. Alors qu'il était sous les ordres du Directoire unitaire, le conflit entre fédéralistes et unitaires ne fit que s'amplifier. Manuel Dorrego gagna ainsi des batailles contre les fédérés menés par les caudillos. Il en perdit d'autres. Durant ces guerres, il se rapprocha cependant des idées de José Artigas, un grand caudillo fédéraliste. Il adhéra alors totalement à ces idées politiques (une fédération de provinces autonomes). Exilé aux
Etats-Unis pour ses opinions, il revint à Buenos Aires en 1824 et affirma clairement ses positions face aux Unionistes. Il eut même l'audace pour l'époque, de proposer le même traitement à Buenos Aires que pour les autres provinces alors que, rappelons-le, l'actuelle capitale argentine dirigeait presque tous les territoires, étant le plus grand centre administratif d'
Amérique du Sud. Manuel Dorrego incarnait ainsi les intérêts provinciaux face à l'omnipotente Buenos Aires représentée par son Président
Bernardino Rivadavia. Il soutint ainsi les « Treinta y Tres Orientales » et leur insurrection pour obtenir l'indépendance de la Province Orientale sous domination brésilienne (Uruguay), s'opposant de fait à Rivadavia. Manuel Dorrego, soutenu par les fédéralistes, fut élu représentant de la province de
Santiago del Estero au Congrès national. On le considère toujours comme le personnage principal qui poussa à la démission du Premier
Président d'
Argentine. Ensuite, il fut élu gouverneur de
Buenos Aires en août 1827. Héritant d'une situation délicate avec le
Brésil, il se montra fin diplomate, tentant de garder l'Uruguay. Ce fut peine perdue d'autant plus que le
Royaume-Uni était intervenu avec ses tentatives d'invasion... L'
Uruguay devenait une République à part entière. Les unitaires en profitèrent pour conspirer contre Manuel Dorrego : il fut capturé par Juan Lavalle, un indépendantiste, qui le fit fusiller le 13 décembre 1828 à Navarro.
Date de création : 05/06/2007 11:59
Contributions de Catherine

Manuel Dorrego
Il y a environ 6 mois, Aquadesign publiait cet article :