La médecine hyperbare a pour fonction de restaurer une pression en oxygène normale ou même supra-normale dans des tissus dépourvus d'oxygénation suffisante. Pour cela, on fait inhaler au patient de l'oxygène pur à des pressions supra-atmosphériques. La pression extracorporelle doit rester toutefois égale à celle des poumons, pour des raisons physiques. Un tel traitement nécessite une
installation spécifique et fort sécurisé, la médecine hyperbare se pratique en plaçant un individu dans un « espace scellé » dans lequel la pression atmosphérique est augmentée à l'aide d'un compresseur au-delà de 1 ATA (1 Atmosphère Absolu ou 0 PSI), avec OU SANS apport d'oxygène additionnel. Pour résumer, le principe de la médecine hyperbare est de créer une pression de l'air ambiant qui soit en équilibre avec celle de l'oxygène inhalé. Ces conditions sont possibles grâce aux caissons individuels ou multiplaces. Comme les bébés-bulles, le patient est coupé du monde extérieur. Quand en arrive-t-on à devoir changer d'air, littéralement ? La médecine hyperbare permet de forcer l'oxygène, le ''souffle de vie'', à pénétrer dans tous les liquides corporels. On l'utilise donc pour soigner de nombreuses
maladies dégénératives et certains troubles neurologiques grâce à son effet régénérateur. Le plus souvent, les patients sont placés dans des caissons monoplaces en forme de cylindre étanche de faible diamètre. On introduit ensuite de l'oxygène pur. L'isolement physique est le plus grand problème auquel se heurte la médecine hyperbare dans ce type de caisson, même si une
communication visuelle et auditive est possible, un examen clinique ne peut être réalisé. Il reste alors à se fier à l'observation visuelle à distance et à opérer une décompression rapide en cas de détresse vitale. Pour ces raisons, les caissons multiplaces sous forme de chambres sont plus surs et on peut y traiter plusieurs patients à la fois. Chaque patient respire de l'oxygène par un masque de visage hermétique, un tube endotrachéal, une cloche en
plastique ou en plexiglas car la mise en pression se fait alors à l'air comprimé. Les avantages de ce type d'installation sont nombreux, les
médecins et personnel soignant peuvent suivre de près les patients qui sont en état critique et si un incident survient, la chambre peut se transformer en salle d'opération improvisée. Aspiration et monitoring peuvent tous être prévus à l'intérieur de la chambre hyperbare pour en faire une chambre de soins intensifs complète qui permet de ne jamais interrompre le traitement. En outre, la surveillance continue dont sont l'objet les malades a permis de diminuer les risques de barotraumatismes de l'oreille moyenne qui accompagnent souvent cette thérapie. Mais de tels équipements imposent également une vérification et un entretien constants car la moindre défaillance mécanique peut provoquer un incendie. Ce fait est heureusement extrêmement rare mais en 1997, à
Milan, un incendie est survenu et a fait onze victimes, toutes dans la chambre. Les consignes de sécurité applicables à ces appareils sont donc d'ordre législatif et réglementaire et le chef d'établissement est responsable de leur application. Mais la médecine hyperbare bénéficie des progrès des recherches en médecine spatiale et subaquatique et son utilisation est parfaitement maîtrisée. C'est son efficacité qui a été remise en cause, notamment au
Québec où cette thérapie était interdite en 2000, certains
psychologues et
neurologues affirment en effet que les progrès apportés par ce traitement ne sont pas avérés. L'état des patients qui sont affectés de pathologies paralysantes très lourdes ne permet pas, d'après eux, de mesurer une amélioration provoquée par la
médecine hyperbare. Le débat reste ouvert...
Date de création : 12/07/2007 14:46
Contributions de Regine

Médecine hyperbare
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