On appelle névroses des troubles fonctionnels qui expriment de manière symbolique un conflit dont l'origine se retrouve dans la vie infantile. Du point de vue du clinicien, les névroses devront se distinguer des
psychoses (qu'on assimile au mot « folie »), des perversions ( grosso modo le négatif des névroses) mais aussi des affections
psychosomatiques, qui ont, elles, une cause organique. Le mot névrose apparaît pour la toute première fois à la fin du dix huitième siècle dans un traité de
médecine de William Cullen, qui emploie alors ce terme pour désigner l'ensemble des maladies mentales, mais aussi des affections cardiaques ou même
digestives ! Par la suite, le mot névrose englobera toutes les maladies qui peuvent résulter d'un dysfonctionnement du système nerveux. Ce n'est que bien plus tard que l'on distinguera les maladies d'origine organique des
maladies dont les causes sont psychiques. Le français Pierre Janet, psychiatre, divisera les névroses en deux catégories : la psychasthénie et l'hystérie. Pour Janet, les névroses sont dues à une baisse brutale de tension psychologique, qui provoque donc l'apparition de comportements intérieurs. Il faut attendre les « Etudes sur
l'hystérie » de Freud et Breuer pour que l'origine psychique des névroses soit mise en évidence. Freud invente la psychanalyse en soignant des malades hystériques : il comprend rapidement que la plupart des affections psychiques dépassent de loin les solutions apportées par la thérapeutique médicale. En effet, selon lui, ces affections ont uniquement pour origine des conflits infantiles non résolus. Ainsi, dans une évolution normale, tout individu passe par un certain nombre de stades : oral, sadique-anal, phallique... pour arriver au stade génital. Le névrosé, lui, ne parviendra jamais à atteindre ce stade ultime, et restera à l'un des stades intermédiaire. Ou, autre cas, il y parviendra, mais sera continuellement tenté d'y régresser. Cette régression constitue la perversion, quand la névrose est, elle, une lutte contre la perversion. De nos jours, on distingue trois groupes de névroses. On retrouve ainsi les psychonévroses, qui sont caractérisées par des symptômes psychiques importants, tels que des phobies, des obsessions, des inhibitions. Puis viennent les névroses de caractère, qui sont aussi des psychonévroses mais dont les symptômes ne sont pas visibles. Puis, pour finir, les névroses actuelles, qui constituent une catégorie à part. On retrouve dans cette catégorie l'hypocondrie, la névrose d'
angoisse, la neurasthénie...Avec la découverte de la
psychanalyse,
Freud élaborera une théorie psychogénétique des névroses, avec pour concept central le refoulement... Et de fait, quand un désir heurte une interdiction du surmoi (les valeurs que l'individu intériorise par exemple), ce désir est refoulé dans
l'inconscient. Les symptômes de névroses seront donc les tentatives d'expression déguisée de ces désirs... Et c'est la découverte du sens de chaque symptôme qui entraîne sa disparition. C'est probablement là que le psychanalyste trouve sa place, pour aider le névrosé à identifier ses névroses...
Date de création : 13/07/2007 10:21
Contributions de Ludovic

Les névroses
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