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11 février 1654 : abdication de la reine Christine de Suède, femme à la personnalité hors du commun

Plus connue sous le nom de « Reine Christine », Christine de Suède est un personnage exceptionnel du XVIIe siècle. Née le 18 décembre 1626 à Stockholm, elle fut l'enfant unique du roi Gustave Adolphe qui s'était illustré lors de la Guerre de Trente Ans à la tête des armées protestantes. Son père décéda lors de la bataille de Lützen en 1632 et la petite Christine n'avait que six ans quand elle monta sur le trône, la régence étant assurée par le chancelier Axel Oxenstierna. La petite fille fit preuve très tôt d'une grande curiosité intellectuelle tout en étant élevée comme un garçon. Son règne débuta à sa majorité en 1644 et elle éloigna le chancelier pour prendre les rênes du pouvoir. Lors du traité de Westphalie en 1648, Christine de Suède se montra particulièrement habile dans les négociations faisant ainsi de la Suède la première puissance nordique. Elle régla aussi les problèmes financiers du pays causés par la guerre et lança un vaste programme d'exploitation des ressources de la Suède. Pourtant, la personnalité affirmée de la jeune reine entraîna quelques mécontentements à l'intérieur du pays. En effet, Christine de Suède, parlant plusieurs langues (l'Allemand, l'Italien, le Latin et surtout le Français, langue incontournable chez les intellectuels de l'époque), s'entourait de savants et d'artistes étrangers dont les philosophes Descartes et Pascal. Cet intérêt pour les cultures
latines suscita l'inquiétude des Suédois qui voyaient dans cette liberté de ton une menace pour le protestantisme luthérien bien austère, religion officielle de la Suède. Par ailleurs, les Suédois attendaient que leur reine se marie et leur donne un héritier ce qui n'était pas du tout dans les projets de Christine qui était contre le mariage. Les relations entre la reine et la noblesse suédoise se dégradèrent et cet état de fait la poussa à abdiquer le 11 février 1654 en faveur de son cousin, Charles Gustave. Christine de Suède décida ensuite de quitter son pays natal en juin 1654 et entreprit de multiples voyages laissant libre cours à ses rêves de liberté. On la voyait ainsi lors de ses voyages, habillée en homme et voulant passer inaperçue pour échapper à l'étiquette royale. Elle partit en Allemagne, en Hollande protestante, dans les Pays-Bas espagnols (Belgique et Nord de la France) où elle s'intéressa au Catholicisme. Son comportement extravagant inquiétait. Elle passa onze mois à Anvers et à Bruxelles où elle eut la réputation d'une reine libertine et scandaleuse. Reçue à Rome en grandes pompes en 1655, Christine va se convertir au Catholicisme. Les prélats ne demandaient pas mieux car la conversion d'une reine protestante allait mettre à mal la nouvelle religion. Elle dîna même avec le Pape Alexandre VII, ce qui était inimaginable pour une femme ! Cependant, Christine n'ayant rien d'une Catholique dévote, se heurta une nouvelle fois à la méfiance de la curie romaine puis des Espagnols qui voyaient en elle un danger pour le trône de Naples que Christine convoitait. En effet, le royaume des deux Siciles était déchiré depuis plus de dix ans et la France désirait l'annexer. Christine de Suède offrit alors ses services. Elle traversa la France en étant reçue en 1656 par le duc de Guise à Lyon au nom du roi puis se rendit à Paris où elle fut très bien accueillie avec une semaine de cérémonies et de divertissements. Le but de cette visite était qu'elle monte sur le trône de Naples quand les Français auraient expulsé les Espagnols. Sans descendance, Christine aurait transmis sa couronne à Philippe d'Anjou, frère de Louis XIV. Repartie pour l'Italie, l'accession au trône ne se déroula pas. Elle revint donc en France où Mazarin, bien qu'il lui ait mis un appartement à disposition à Fontainebleau, lui fit comprendre qu'elle n'était pas désirée à la Cour. En fait, l'écuyer de la reine, Monaldeschi, avait dévoilé le projet français aux Espagnols. Mise au courant de cette trahison, Christine de Suède le fit assassiner aussitôt. Ce meurtre fit scandale à la cour de France et Christine fut surnommée « la Sémiramis Suédoise ». Mazarin lui offrit alors des ponts d'or pour qu'elle regagne l'Italie où le rêve napolitain se dissipait. Christine de Suède, regrettant son trône, prétendit ensuite à la couronne de Pologne mais sans succès. À Rome, elle va finir ses jours en devenant le mécène de nombreux artistes, musiciens et peintres, et en présidant l'académie qu'elle avait fondée (l'Accademia reale, l'équivalent de l'Académie française). Elle décéda le 19 avril 1689 à Rome, légendaire et regrettée. Féministe avant l'heure, femme cultivée et sportive, Christine de Suède repose au Vatican dans la basilique Saint-Pierre.

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Saint Séverin

Saint Séverin fut abbé de Saint Maurice en Suisse. Malade, il se déplaça quand même pour venir aider Clovis, qui attendait un miracle de guérison grâce à lui. Il fut récompensé par l'Eglise à la suite de ses bonnes actions.


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