Le 13me amendement l'affirme haut et fort : « Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux Etats-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction ». La Guerre de Sécession vient de s'achever, remettant en cause, par la victoire des Etats du Nord, les acquis séculaires des grands planteurs de coton du Sud et notamment l'esclavage. Déjà, le 1er janvier 1863, Abraham Lincoln s'était insurgé contre cette ignominie en proclamant l'émancipation des esclaves chez les onze Etats du Sud rassemblés sous l'appellation « Confédérés ». La guerre civile déchirant les Etats du Nord et du Sud avait débuté en juillet 1861 et durera quatre longues années. Lincoln, élu en 1854, avait une obsession : arrêter l'esclavage. La Constitution pourtant, ne comportait aucun article de la sorte. La Guerre de Sécession terminée le 9 avril 1865 avec la capitulation du Général Lee face à Grant, plus rien ne s'opposait à ce qu'un
amendement établisse la fin de l'esclavage. Lincoln assassiné quelques jours après la fin de la guerre, le congrès, en hommage, se réunit pour voter le 13me amendement. En Europe, le premier souverain à abolir l'esclavage fut Charles Quint en 1526, suivi par l'Eglise catholique en 1537 par une bulle qui sera ignorée dans les contrées lointaines dont le Nouveau Monde. En fait, les premiers abolitionnistes de l'esclavage furent les esclaves eux-mêmes dès le XVIIe siècle, capturés en Afrique avec comme destination les Amériques et les Antilles. Rebellions et suicides se succédèrent, des vents de révolte soufflaient aux Caraïbes, notamment à Saint-Domingue. Cela faisait réagir quelques blancs anglo-saxons mais la plupart s'accommodaient fort bien de cette situation. Sous l'impulsion des idées de la Révolution française, l'esclavage fut remis en cause dans les colonies françaises. C'est ainsi qu'en août 1791, les esclaves se soulevèrent aux Caraïbes. Exit la traite négrière et le système colonial. Mais revenons aux Etats-Unis et au 13me amendement. À la fin de la guerre de Sécession, la loi ne s'appliqua guère. Profitant de la déchéance des Etats du Sud, des mouvements terroristes virent le jour à l'image du trop fameux célèbre Ku Klux Klan qui va imposer sa propre loi : la ségrégation raciale. Il faudra attendre longtemps avant que le 13me amendement ne soit véritablement appliqué et la ségrégation raciale supprimée avec notamment la ténacité d'un certain Martin Luther King. Il faut dire aussi qu'au XIXe siècle, l'esclavage était un marché juteux : en Europe, Napoléon l'avait déjà rétabli aux Antilles. Mais l'esclavage n'avait rien à voir avec « Autant en emporte le vent » film dans lequel les « maîtresses » sont bien gentilles avec leurs servantes. La réalité était toute autre chez les planteurs de coton du Sud. Le premier décret d'abolition fut signé par les Britanniques en 1833. En France, il faut attendre un nouveau décret en 1848 inspiré par Victor Schoelcher. Aux Etats-Unis, les choses avaient bougé un peu auparavant avec la création du Libéria, ancienne colonie, qui devient un des premiers états africains indépendants et enfin, en 1865, environ 4 millions de personnes furent concernées dans tous les états américains. Le Brésil suivra en 1888. Près d'un siècle plus tard, la
Mauritanie est le dernier pays, en 1980, à abolir l'esclavage, malgré la déclaration universelle des droits de l'homme proclamée en 1948. Ce n'est finalement qu'en 2001 lors de la conférence de Durban, que l'esclavage et la traite des noirs seront qualifiés de crimes contre l'humanité. Nantes accueillera en 2007 sur son sol le premier mémorial dédié à l'abolition de l'esclavage en Europe. Beau symbole pour la ville qui était le premier port négrier de France !
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