Dans les mémoires russes et européennes, Alexandre II aura l'image d'un grand souverain réformateur. Alexandre Nicolaevitch Romanov naît le 17 avril 1818 à
Moscou. À la mort d'Alexandre Ier, c'est son neveu qui monte sur le trône en tant que Nicolas Ier. Le petit Alexandre n'a alors que 7 ans. Confiné dans une ambiance réactionnaire où toute liberté d'expression est interdite et où la censure est omniprésente, l'adolescent qui devient peu à peu un homme puisque son père va régner durant 30 ans, n'est guère à l'aise à
Saint Pétersbourg. Bien élevé, le jeune Alexandre bénéficie de cours dans tous les domaines et se démarque peu à peu de son père Nicolas Ier, en adoptant des points de vue plus libéraux (au sens propre du
terme). Par contre, il se désintéresse de l'aspect militaire. Côté familial, Alexandre épouse Marie de Hesse-Darmstadt, d'origine allemande qui deviendra Maria Alexandrovna, convertie orthodoxe et qui lui donnera huit enfants dont le futur Alexandre III (qui nouera des relations privilégiées avec la
France plus tard). D'autres enfants légitimés ou illégitimes seront au nombre de sept puisqu'après la mort de son épouse le 8 juin 1880, Alexandre va épouser sa maîtresse un mois plus tard. La Princesse Catherine Youresvska lui donnera quatre enfants, les trois survivants étant légitimés. Entre-temps étaient nés trois enfants illégitimes de différentes relations... Bref, Alexandre ne s'ennuyait pas ! Toujours est-il qu'Alexandre monte sur le trône à la
mort de son père Nicolas, le 2 mars 1855, sous le nom d'Alexandre II Nicolaevitch. Son premier acte est de mettre fin à la guerre de Crimée et d'entreprendre des réformes. C'est ainsi qu'il « révolutionne » la Russie en établissant une loi sur l'émancipation des serfs en 1861. Admirateur des Français, il fonde trois ans plus tard un code pénal et simplifie les actes civils et les procédures criminelles. Le système éducatif est développé ainsi que le système ferroviaire. Il entreprend aussi la décentralisation de l'immense pays qu'est la
Russie en 1870 en octroyant des autonomies aux régions et en créant des polices de proximité rurales et municipales. Infatigable, il réorganise aussi l'armée et la marine. Pourtant, allié de l'
Allemagne, il entre en guerre contre l'
Empire ottoman. Il en est vainqueur en 1877 mais à quel prix... Son fidèle allié allemand Bismarck l'abandonne et il est obligé de signer un traité limitant ses ambitions. Pourtant, il continue ses conquêtes en
Asie. Trop occupé par ses ambitions extérieures,
Alexandre II ne voit pas la détresse de son peuple qui commence à se révolter. Il adopte alors une politique de répression qui lui sera fatale. En effet, de nombreuses tentatives de meurtre avaient déjà eu lieu mais il n'échappera pas à une grenade lancée par un révolutionnaire polonais le 13 mars 1881 à Saint-Pétersbourg. Son fils légitime Alexandre III lui succèdera.
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