Fils de François de Guise un grand chef militaire, Henri de Guise, Duc de Lorraine, prend la succession de son père en 1563 lorsque celui-ci est assassiné. Pur Catholique, Henri souhaite éradiquer la religion protestante qui a envahi le pays. En 1570, il épouse Catherine de Clèves, la fille du Duc de
Nevers et la cousine d'Henri de Navarre. Depuis 1562, les guerres de religion font rage en France, l'épisode le plus sanglant étant sans conteste la nuit de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572 à laquelle Henri de Guise participe activement. Plusieurs milliers de protestants sont assassinés. On soupçonne fortement Henri de Guise d'être à l'origine de l'assassinat de Coligny, le neveu d'Anne de Montmorency, fils du grand Coligny le compagnon d'armes de François 1er (Gaspard II de Coligny s'était converti au protestantisme et dirigeait les troupes protestantes contre celles du roi et du duc de Guise). Après la bataille de Jarnac, Henri de Guise participe à celle de Dormans en 1575 : il est blessé et sera surnommé « le Balafré ». Devenu chef de la ligue, il s'allie à Philippe II d'Espagne en 1581 qui lui verse quelques subsides pour alimenter ses initiatives politiques (le traité de Joinville est même signé en 1584,
l'Espagne devant verser 50000 écus par mois à la ligue). Car Henri de Guise est ambitieux, très ambitieux. Le duc d'Anjou décédé en 1584 permet à Henri de prétendre au trône de France... En effet, n'est-il pas descendant de Charlemagne ? N'est-il pas de ce fait prioritaire par rapport à Henri de Navarre et même par rapport à Henri III ? Ces deux-là ne sont que des Capétiens, que diantre ! Des usurpateurs de la lignée des Carolingiens ! Extrêmement populaire, Henri de Guise y croit... Il impose le traité de Nemours à Henri III et à Catherine de Médicis qui veille sur son fils, dans l'ombre. Ce traité rejette toute pacification et engage à reprendre la lutte contre les Protestants. En 1987, ce sont des victoires : celle de Vimory et celle d'Auneau... Henri de Guise est vainqueur des Protestants mais Henri III, sur les conseils de sa mère, capitule, minimisant ainsi le triomphe du Duc de Guise. Dès lors, il s'oppose ouvertement au pouvoir royal. Malgré l'interdiction du roi, il entre dans Paris le 9 mai 1588 où il est acclamé, la population se préparant à une insurrection contre le roi. Très près de son but, le trône, il réorganise l'administration de Paris et prend la tête de la journée des Barricades le 12 mai 1588. Cependant, le roi s'échappe mais la force des alliances de la ligue est telle qu'Henri III est forcé de signer l'Edit d'Union en juillet 1588 contre les Protestants et... Henri de Navarre qui attendait patiemment son heure. Le Duc de Guise est ainsi nommé lieutenant général des armées du royaume... Catherine de Médicis fulmine mais ne dit mot. Ce n'est qu'une ruse pour Henri III qui, réfugié à Chartres, simule sa soumission en promettant de ne jamais conclure « aucune paix ou trêve avec les hérétiques ». Tout va donc bien en ce royaume de France pour le balafré mais il n'en est pas de même avec ses alliés espagnols qui subissent une cruelle défaite. Le roi, profitant de cette faille, se rend à Blois car c'est dans cette ville magnifique que doivent se dérouler les Etats Généraux. Obséquieux, Henri III demande à « son cher ami » le Duc de Guise de l'y retrouver pour le présenter à l'assemblée. Ce dernier, toujours aussi arrogant et sûr de son bon droit, le prend de haut et laisse le roi se débrouiller avec les députés du tiers-état et les Catholiques fanatiques. Même s'il ne dit mot, la vengeance est un plat qui se mange froid, Henri III prépare la fin du Duc de Guise. Le 23 décembre 1588, il convoque ses fidèles qui font partie de la garde royale. Ils sont une douzaine à qui le roi lui-même distribue des poignards puis il les laisse à leur sale besogne, se retirant de son antichambre. Le roi a convoqué, peu avant, le Duc de Guise, qui toujours aussi hautain, pénètre dans la chambre du roi où celui-ci était sensé l'attendre. Une douzaine d'hommes s'acharnent sur celui qui avait bravé l'autorité du roi et celle de ... Catherine de Médicis. Le corps est brûlé et jeté dans la Loire. Henri III n'en a pas fini avec les Guise et le lendemain, c'est le cardinal Louis de Lorraine, le frère d'Henri de Guise qui est lui aussi assassiné ainsi que Charles, le fils d'Henri de Guise. Les têtes pensantes de la Ligue sont arrêtées : Charles de Bourbon, le Prince de
Joinville, la Duchesse de Nemours... Mais la population de Paris s'insurge contre le roi et nomme le frère d'Henri de Guise, le Duc de Mayenne, lieutenant général du royaume... C'en est fini de la dynastie des Valois... Le seul soutien du roi réside dans le Protestant Henri de Navarre, son cousin, époux de sa soeur Marguerite (la reine Margot). Ils entreprennent le siège de Paris mais le roi est assassiné par un moine à moitié fou, Jacques Clément, le 1er août 1589. Sur son lit de mort, Henri III alors âgé de 38 ans, ordonne à son entourage de reconnaître Henri de Navarre comme Henri IV, roi de France. Ce sera la fin des guerres de religion.
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