Figure emblématique du socialisme français, Marx Dormoy naît à Montluçon dans le département de l'Allier le 1er août 1888. Durant son service militaire en
Algérie, ce fils de socialistes militants, fonde un groupe de Jeunesses socialistes avant d'être employé de
mairie dans sa ville natale. Il combat lors de la
Première Guerre mondiale et en novembre 1919, il défend la liste SFIO (section française de l'internationale ouvrière) aux élections législatives : malgré un nombre élevé de voix, le parti socialiste n'a aucun député. L'année suivante, il rallie
Léon Blum qui se positionne contre l'adhésion à la IIIe
Internationale et quatre ans plus tard, Marx Dormoy est nommé secrétaire général de la fédération de l'Allier malgré la concurrence du Parti communiste majoritaire dans le
département. Maire de Montluçon, il devient président du Conseil général de l'
Allier puis député en 1931. Partisan du Front populaire et d'une candidature unique avec le parti communiste, il est réélu député en 1936, devient sous-secrétaire d'Etat et participe aux Accords de Matignon qui fournissent désormais des
contrats de
travail aux ouvriers et des
congés payés. Après le suicide de Roger Salengro, Marx Dormoy devient ministre de l'Intérieur jusqu'en avril 1938. Il est alors connu pour sa
politique de refoulement des réfugiés clandestins (notamment des Polonais). Il doit aussi lutter contre « La Cagoule », une organisation secrète d'action révolutionnaire appelée aussi CSAR (comité secret d'action révolutionnaire), un groupe d'extrême droite. Si le mouvement est démantelé, il en subsiste quand même des ramifications notamment dans les milieux d'affaires. Face à la montée du
fascisme, il se prononce contre les accords de
Munich de 1938 qui ont permis à
Hitler de monter en puissance. De même, il refuse de voter les pleins pouvoirs au
maréchal Pétain en juillet 1940. Suspendu de ses fonctions, Marx Dormoy est incarcéré à Pellevoisin puis est finalement mis en résidence surveillée à
Montélimar. C'est là qu'il est assassiné dans la nuit du 25 au 26 juillet 1941, fauché en plein
sommeil par une bombe placée sous son
lit par d'anciens « cagoulards ». Il n'aura droit à des funérailles nationales que le 9 décembre 1945, après la guerre, et sera inhumé à
Montluçon en ayant reçu l'ordre de la Nation et la médaille de la Résistance française.
Contributions de Catherine
>>
Voir tous les articles classiques>>
Envoyer cet article à un ami>>
Ajouter cet article dans vos favoris