Benjamin Delessert, voilà un nom qui ne vous dit rien probablement. Pourtant, il est à l'origine des Caisses d'Epargne mais aussi de la fabrication du sucre de betterave qui allait, sous Napoléon, remplacer le sucre de canne dont l'Empereur ne voulait plus à cause des multiples difficultés politiques que cette
production lui causait... Il faut savoir que la betterave venait du Moyen-Orient et qu'elle était cultivée depuis plus de deux millénaires dans ces contrées lointaines. Ses feuilles en effet servaient à alimenter le bétail et du
miel végétal était extrait de ses racines. C'est Olivier de Serres, un grand agronome, qui fit état de sa forte teneur en sucre au XVIe siècle. Moins de deux siècles plus tard, un chimiste allemand, Andreas Sigismund Marggraf, en tira du vrai sucre cristallisé et c'est en 1786 qu'un pharmacien, commis par le roi Frédéric II, construisit la toute première sucrerie à base de betteraves en Silésie en s'inspirant du procédé de Marggraf. Cependant, non aidée, l'entreprise fit faillite et
l'on n'entendit plus parler du sucre de betterave. Beaucoup plus tard, Napoléon ayant des difficultés dans les
Antilles, voulut trouver une solution pour se passer du sucre de canne. Personne ne lui donna de réponse, même pas
Parmentier qui ne lui recommanda que le jus de raisin ! Pourtant, malgré ses conseillers, Napoléon encouragea le développement de la betterave et promit des récompenses à ceux qui la cultiveraient. De fait, 32 000 hectares furent ensemencés et l'Empereur subventionna les industriels dans leurs recherches. En effet, il fallait aller vite pour remplacer la canne à sucre, les événements étant trop sensibles dans les îles de
Guadeloupe et de
Martinique et les Français pourraient manquer de sucre. D'ailleurs, pour accélérer les recherches, Napoléon fit interdire tout simplement le sucre de canne le 11 janvier 1813. Durant toute cette période, Benjamin Delessert, travaillait sur le procédé de Marggraf avec un
pharmacien, Nicolas Deyeux. C'est ainsi que le 2 janvier 1912, Benjamin Delessert eut l'honneur d'accueillir Napoléon 1er dans sa petite fabrique de Passy où il produisait en quantité, du sucre de betterave. Napoléon le récompensa illico-presto en lui donnant sa propre légion d'honneur (plus tard Delessert sera baron d'Empire). Chose était faite : le sucre de betterave pouvait être produit à grande échelle et Napoléon ne devait plus dépendre des îles ni du blocus de ces maudits Anglais. Une fois le procédé mis au point,
Napoléon délivra près de 500 licences de fabrication ce qui aura une conséquence industrielle importante. Très vite, la betterave va concurrencer la canne à sucre et en moins d'un siècle, le prix du sucre sera divisé par 200 ! Mais comment a-t-il fait ce fameux Delessert ? Issu d'une riche
famille de soyeux lyonnais, il a pu aller en
Grande-Bretagne, un pays largement en avance sur le plan industriel avec la machine à vapeur de Watt par exemple. Il y a donc appris beaucoup de techniques et a aussi suivi des cours d'économie politique auprès d'Adam Smith. Dès 1795, ce philanthrope va créer un bureau de bienfaisance à Paris avec des distributions de repas chauds aux plus démunis tout en les poussant à travailler et à se prendre en charge. Ainsi, il créa en 1801, la Société d'encouragement pour l'enseignement industriel puis la société philanthropique pour promouvoir toutes les innovations permettant de venir en aide aux plus pauvres dont par exemple, les sociétés de secours mutuels, les dispensaires... Après avoir réalisé la fabrication du sucre à petit prix grâce à la betterave, il va créer en 1818, la Caisse d'Epargne de
Paris qui deviendra la Caisse d'Epargne que l'on connaît aujourd'hui. Ce génial inventeur, bien peu connu, aura donc mis au point le
sucre pour tous, le premier secours populaire, et la première banque pour pauvres !
Auteur : Catherine
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