Jean-Bedel Bokassa naît le 22 février 1921 dans un petit village de la Lobaye en Centrafrique de parents immigrés ivoiriens. Alors que Jean-Bedel a six ans, son père qui s'opposait aux brutalités coloniales, est arrêté et exécuté par les Français et sa mère se suicide peu après. Orphelin de père et de mère, il est élevé par sa
famille. À 18 ans, alors que la
Seconde Guerre mondiale éclate, Bokassa s'engage dans l'armée française et participe aux combats en
Provence et sur
le Rhin. Une fois la guerre achevée, Bokassa est élève à l'école militaire Saint-Louis au
Sénégal puis à Châlons-sur-Marne. Il combat par la suite en
Indochine et en
Algérie et reçoit la
Légion d'honneur et la Croix de guerre. Il quitte finalement l'armée française en tant que capitaine. Revenu en Centrafrique, Bokassa est approché par son cousin, David Dacko qui est devenu Président du Centrafrique, état indépendant en 1960, pour réorganiser l'armée. Bokassa est donc nommé chef d'état-major en 1964. L'année suivante, une tentative de
coup d'Etat a lieu par la gendarmerie pour renverser Dacko et Bokassa manque de peu d'être arrêté mais il retourne la situation à son profit et renverse son cousin. Il accède ainsi au pouvoir le 31 décembre 1965. Durant les premières années, il est plutôt populaire malgré un régime très violent qui pratique allègrement la torture et les exécutions sommaires (
De Gaulle le surnommait « le soudard »). Bokassa participe à la fondation de l'Union des Etats d'Afrique Centrale en 1968 avec le Tchad et le Congo-Kinshasa (actuelle
République Démocratique du Congo). Il met aussi en place une réforme agraire en Centrafrique en luttant contre la corruption et la bourgeoisie en 1970. Son régime est alors soutenu par la France qui défendait surtout ses propres intérêts dans la région... Devenu de plus en plus mégalomane, Bokassa s'autoproclame Président à vie le 2 mars 1972 et se nomme Maréchal en 1974. S'étant converti à l'
Islam deux ans plus tard, il se fait appeler « Salah Eddine Ahmed Bokassa » pour se rapprocher de Kadhafi et obtenir des aides financières de la Libye. Bokassa dissout ensuite son gouvernement et prend comme conseiller son cousin qu'il avait fait enfermer, David Dacko. Finalement, il se couronne lui-même Empereur le 4 décembre 1977, soit il y a trente ans. 5 000 personnes sont invitées pour assister à son sacre mais aucun chef d'état ne fait le déplacement (la France sera représentée par le Ministre de la Coopération, Robert Galley). Pour l'occasion, il revêt le costume que le Maréchal Ney portait lors du sacre de
Napoléon Ier ! Mégalomane, Bokassa se fait appeler « Empereur de Centrafrique par la volonté du peuple Centrafricain, uni au sein du parti politique national : le MESAN » (Mouvement pour l'Evolution Sociale de l'Afrique Noire). Il prétendait mettre en place une monarchie constitutionnelle alors qu'il ne s'agissait que d'un régime dictatorial. Pourtant, son but en se nommant Empereur était d'attirer le respect des autres pays du monde... Pourtant, son régime violent fait baisser sa popularité et en 1979, une manifestation de lycées a lieu et il la réprime de manière sanguinaire. On l'accuse alors d'avoir participé lui-même au massacre de 100 enfants dans la prison de Bangui et même de s'adonner au cannibalisme ce que Bokassa a toujours nié. Son surnom était trouvé : « l'ogre de Berengo » mais ces accusations ne furent pas retenues lors de son procès. Le 20 septembre 1979, un commando de la DGSE lança l'opération Barracuda. Alors que Bokassa était en
Libye, des
hélicoptères décollèrent du
Tchad ainsi que des renforts et des troupes envahirent l'
aéroport de Bangui pour permettre le débarquement des Français qui prirent la ville. L'empire de Bokassa Ier fut renversé et une nouvelle République fut proclamée. Un peu moins d'un mois plus tard, le journal satirique «
le Canard enchaîné » révéla le scandale de l'affaire des
diamants (il est avéré que ce scandale participa à la défaite de Valéry Giscard d'Estaing en 1981). Réfugié en Côte d'Ivoire, Bokassa, se sentant trahi par Giscard et la France qui l'avait fait destituer, confirma l'affaire qui est toujours sujette à débat aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, Bokassa après quatre ans passés à
Abidjan, revint en
France, à Hardricourt dans les
Yvelines du fait qu'il avait servi dans l'armée française et notamment dans la
légion étrangère. Il revint à
Bangui en 1986 (alors qu'il était condamné à mort par contumace), et fut jugé pour trahison, meurtre, cannibalisme, détournement de fonds. Si les charges de cannibalisme ne furent pas retenues, il fut quand même condamné à mort mais sa peine fut commuée en prison à vie en février 1988. Il fut amnistié en 1993 et mourut en 1996 d'un arrêt cardiaque. Inhumé dans son palais de Berengo, Bokassa avait 17 femmes et 36 enfants reconnus.
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