Un an plus tôt, Bonaparte gagne les guerres d'
Italie et le traité de Campo Formio met un peu d'argent dans les caisses vides du Directoire. De plus, les frontières naturelles du
Rhin sont à nouveau respectées. Rien de tel pour la République pour poursuivre son oeuvre expansionniste afin de convertir le monde à ses idées. Aussi, c'est au tour des
Antilles d'en faire les frais ainsi que de l'
Irlande. De plus, les vieilles monarchies européennes sont mises à mal jusqu'aux
Indes, les Français soutenant les rebelles Indiens face aux Anglais. L'
Espagne est une alliée, quelques républiques sont nées en Calabre, les îles Ioniennes sont françaises... Le monde antique devient idéalisé et l'
Empire ottoman, jusqu'alors allié de la France, est critiqué pour son aspect rétrograde et répressif contre la
Grèce. Bonaparte et
Talleyrand rêvent à une expédition orientale. Comme l'
Angleterre semble vivre des moments
difficiles, une expédition est envisagée pour aller en Egypte, cette terre légendaire offrant de plus une possibilité de communication terrestre avec l'Orient. Début 1798, pour caresser ce
rêve, il faut de l'argent... Le Directoire décide donc d'envahir la Confédération
suisse pourtant alliée de la France mais dont les caisses sont bien pleines. Ainsi, des scientifiques,
ingénieurs, artistes et humanistes sont rassemblés pour l'expédition (Vivant-Denon, Gaspard Monge, Geoffroy Saint-Hilaire, etc...). Au printemps 1798, une flotte est prête dans le Golfe de Gênes sous le commandement de l'amiral Brueys d'Aigailliers. Elle compte 194 navires et pas moins de 19 000 hommes. Malgré la vigilance de l'amiral Nelson, la flotte appareille de
Toulon le 19 mai : avec les équipages de
Gênes et d'
Ajaccio, ce sont 54 000 hommes qui partent à la conquête des pyramides d'Egypte. La flotte arrive à Malte le 9 juin, île tenue par les
Chevaliers de
Malte qui se rendent le 12 juin. Le corps expéditionnaire de Napoléon débarque à
Alexandrie le 2 juillet en échappant de justesse à Nelson. L'Egypte est alors dominée par le sultan d'Istanbul et les Mamelouks. Ceux-ci appartiennent à la caste militaire constituée de 370 chefs et qui gouvernent l'Egypte au nom du sultan. Deux beys les commandent : Mourad et Ibrahim. Bonaparte à peine débarqué, veut se rendre au Caire à travers le désert pour aller plus vite. C'est un voyage éprouvant pour les troupes : le
soleil, le sable, les attaques sporadiques des cavaliers mamelouks affaiblissent les hommes. Toujours est-il que Bonaparte et ses troupes arrivent au pied des Pyramides le 21 juillet 1798. Les troupes de Mourad les attendent. La bataille dure deux heures à peine. Bonaparte a organisé ses troupes en carré avec des canons à chaque coin de telle sorte que les mamelouks, désordonnés, sont frappés et se retirent très vite. C'est alors que Bonaparte, croyant à sa victoire, lance à ses troupes : « Soldats, songez que du haut de ces
pyramides, quarante siècles vous contemplent ! ». Les Mamelouks sont poursuivis jusqu'en Haute-Egypte et les troupes françaises conduites par le général Desaix, soumettent le
pays (les Egyptiens l'appelleront le « sultan juste » tant ses rapports avec la population étaient bons). Bonaparte arrive au
Caire et fait travailler ses savants et
artistes pour rendre compte de l'antique civilisation égyptienne. Il crée aussi l'Institut d'Egypte dont un des plus importants membres sera Jean-François
Champollion. Bonaparte, sur place, pour se faire bien voir, multiplie les gestes envers la
religion musulmane et expédie des serments d'
amitié au sultan d'
Istanbul. Pourtant, cela n'empêche pas sa flotte d'être détruite à Aboukir.
Bonaparte n'a plus qu'une idée : rentrer en
France. Il laisse donc une bonne partie de ses troupes en
Egypte (elles se rendront aux Anglais le 31 août 1801) et lui-même arrive le 8 octobre 1799 à
Fréjus. Ce fiasco militaire sera un signe avant-coureur des défaites qui attendront le futur Empereur des Français. De son voyage, il aura ramené des trésors architecturaux dont l'
obélisque de
Ramsès II (identique à celui de
Louxor), qui trône place de la Concorde à
Paris.
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