C'est Grégoire de Tours qui a conté cet épisode légendaire. En effet, une bataille avait opposé Clovis 1er, roi des Francs, à Syagrius, roi des Romains, en 481. À cette époque, la Gaule romaine venait d'être démantelée. Syagrius était un général romain qui régnait en Gaule du Nord dans le domaine gallo-romain entre la Somme et la Loire de manière indépendante d'où son surnom « roi des Romains ». Parallèlement, les Wisigoths et les Francs avaient investi d'autres territoires gaulois. Les deux armées se disputèrent la ville de Soissons et Clovis emporta la bataille, s'appropriant un grand butin confisqué dans les trésors
de Syagrius. Parmi les objets récoltés se trouvait un magnifique vase en argent (tout au moins suppose-t-on qu'il était en argent) qui provenait du pillage de la ville de Reims par le « roi des Romains ». L'évêque de Reims demanda à Clovis de le lui restituer. Mais à cette époque, les parts d'un butin étaient tirées au sort chez les guerriers Francs. C'est un soldat qui en hérita. Pour préserver ses relations avec l'
évêque de
Reims, Clovis demanda au soldat de lui confier le vase de Soissons. Ce dernier refusa et, pris de colère, frappa le vase de sa hache qu'on appelait francisque à l'époque. Le vase ne fut pas brisé mais juste cabossé. Le roi des Francs ravala sa colère quand le soldat s'adressa à lui en lui disant avec insolence « tu n'auras rien que ce que le sort t'attribuera vraiment », mais il récupéra le vase abîmé. Quelques années plus tard le 1er mars 487, Clovis, qui inspectait ses troupes, reconnut le soldat qui l'avait humilié. Sous un faux prétexte, il lui reprocha sa tenue négligée, s'empara de ses armes et les jeta par terre. Tandis que le soldat se baissait pour les ramasser, Clovis leva sa hache et lui asséna un violent coup sur la tête, le tuant immédiatement en lui lançant « Souviens-toi du vase de Soissons » ou « Ainsi as-tu fait au vase de
Soissons ». Bien que cette histoire légendaire n'ait pu être prouvée, elle montre cependant le désir de rapprochement de
Clovis vis-à-vis du clergé gallo-romain pour s'en faire un allié. Plus légèrement, cet épisode tend à prouver le caractère fier des Français qui auraient, paraît-il, la rancune tenace.
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