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10 juillet 1547 : « Le coup de Jarnac », une histoire de femmes jalouses qui aboutit à un duel

Vous connaissez peut-être cette expression « Le Coup de Jarnac » qui veut dire aujourd'hui « manoeuvre déloyale, traîtrise ». Ce sens a été déformé au XVIIIe siècle alors qu'à l'époque, cette expression était plutôt synonyme d'habileté. Quoi qu'il en soit, cette expression est issue d'un conflit provoqué par une maîtresse-femme, Diane de Poitiers. Drôle de destin pour cette femme hors du commun ! Diane naquit en 1499 et bien vite ses parents la marièrent au Sénéchal de Normandie, Louis de Brézé. Elle avait 16 ans, son mari 56 ! Diane de Brézé (qui deviendra Diane de Poitiers grâce à Alexandre Dumas), était une jeune femme intelligente et jolie, amoureuse des arts. Elle fut veuve à l'âge de 32 ans et on lui prêta une liaison avec François 1er avant de devenir la maîtresse attitrée du fils de ce dernier, le Dauphin, qui sera le futur Henri II. Jalouse, Diane tentera de prendre sa revanche car la nouvelle maîtresse de François Ier était la duchesse d'Etampes et avait pris de l'influence sur François Ier. Or, la soeur de la duchesse d'Etampes était mariée à Guy Chabot, baron de
Jarnac. Il reçut toutes sortes de faveurs ce qui avait le don d'exaspérer Diane. Ainsi le Dauphin Henri, amoureux de Diane, fit courir des bruits à la cour selon lesquels le baron de Jarnac ne devait ses honneurs qu'au simple fait d'être un beau-frère bien placé. Il faut dire aussi qu'un autre bruit avait couru selon lequel le jeune Chabot aurait été l'amant de la seconde épouse du père de Diane. La Duchesse d'Etampes, outragée, demanda à François Ier que justice soit faite contre Henri le Dauphin. Ce dernier était jeune et craignait le courroux de son père. Il nia les faits et délégua François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, un de ses amis, pour se dénoncer à sa place. Chabot, le baron de Jarnac, demanda alors, lui aussi, réparation mais finalement François Ier, sentant bien là qu'il s'agissait d'une querelle entre femmes jalouses, décida de ne pas intervenir. Mais à la mort de François Ier, le Dauphin monta sur le trône. Henri II était fou amoureux de Diane qui n'avait pas l'oubli facile. Elle tenait enfin sa revanche contre la Duchesse d'Etampes. On se rappela alors de la vieille querelle mais voilà : La Châtaigneraie était un redoutable bretteur doublé d'un colosse à la forte corpulence. Chabot prit donc des cours d'escrime auprès d'un spadassin italien qui lui enseigna un revers alors inconnu. De plus, La Châtaigneraie avait été blessé au genou il y avait des années mais cette faiblesse lui était toujours restée. Une lourde épée fut choisie pour fatiguer le colosse. Ainsi le 10 juillet 1547, le duel (forme de justice qui n'existait plus depuis Saint-Louis) eut lieu au château de Saint-Germain-en-Laye devant la Cour et le peuple. Si La Châtaigneraie partait grand favori, Chabot lui plaça son coup de revers et fendit le jarret de son adversaire. Chabot, comte de Jarnac, fut donc déclaré vainqueur de la rencontre à la surprise générale. La Châtaigneraie, représentant le Roi et Diane, fut si humilié qu'il arracha ses pansements et mourut dans la nuit. Ce duel qui humilia Diane et Henri II, se solda par un bain de sang car La Châtaigneraie, persuadé de sa victoire, avait déjà fait préparer un somptueux repas avec des couverts en argent. La foule se précipita sur la nourriture et l'argenterie et Henri II dut faire rétablir l'ordre sans pitié. Même si Diane fut désappointée, elle n'en poursuivit pas moins sa relation avec Henri II, au grand dam de Catherine de Médicis, l'épouse d'Henri. Elle reçut en cadeau de son royal amant (dont elle était de 20 ans son aînée rappelons-le) le Château d'Anet (en Eure-et-Loir) ainsi que le Château de Chenonceau (en Indre-et-Loire), devenant aussi Duchesse de Valentinois. Catherine, mise dans l'ombre, se vengea elle aussi de sa rivale. Quand Henri II mourut lors d'un duel le 10 juillet 1559, elle prit la régence du royaume car ses trois fils étaient trop jeunes pour régner et elle chassa la belle de la Cour. Elle lui reprit Chenonceau. Diane devra se retirer dans son château d'Anet où elle finira ses jours à l'âge de 67 ans... Comme disait François Ier : « souvent femme varie, bien fol qui s'y fie » !

Contributions de Catherine
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Saint Ulric

Ulric vécut au 11ème siècle. Il commença par être page de la mère d'Henri IV. Par la suite, il était bénédictin à Zell. Il créa deux monastères. Saint Hugues, un de ses amis, lui demanda de rédiger la constitution de la réforme de Cluny. Il finit ses jours dans un de ses monastères après être devenu aveugle.



 

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