À l'époque le territoire algérien tel qu'on le connaît aujourd'hui faisait partie du sultanat turc depuis près de trois siècles. Pourtant, malgré cette suzeraineté, le pays était laissé à l'abandon, les 3 millions d'habitants n'obéissant guère et ne se ralliant pas forcément à l'
Islam, religion officielle... En 1798, la France et le Directoire alors en place font du commerce avec la Régence d'Alger : il faut du blé pour assurer les expéditions de
Bonaparte en
Egypte. Les familles juives d'Algérie prêtent de l'
argent à la France sous couvert de la garantie du gouverneur turc de la ville. Or, le dey d'Alger, Hussein, insulte en 1827, soit bien après la chute de l'empire, le Consul de France. Il faut dire que ce dernier, un certain Deval, n'y va pas par quatre chemins et refuse de s'engager sur le
remboursement du prêt en question accordé des dizaines d'années plus tôt. Voyons donc ! On ne badine pas avec l'honneur des Français ! Ces derniers exigent des excuses face à l'offense faite au Consul, excuses qui ne sont pas émises... Deux ans plus tard en France, Charles X sentit sourdre une révolte des députés. Pour restaurer son image, il ne trouva rien de mieux que de promettre une expédition punitive en Algérie afin d'obtenir réparation. En outre, le 3 mars 1830, le roi français tenait à détruire la régence d'Alger et promit de mettre fin à l'esclavage en Algérie ! (il faut quand même se souvenir que quelques années auparavant, Napoléon avait rétabli l'esclavage !...). Ni une, ni deux, l'expédition fut lancée avec à sa tête le comte Louis de Bourmont, le
ministre de la guerre. Le Commandant en chef de l'expédition en
Afrique fut vivement critiqué dans les journaux français pour son incapacité. La flotte française partit malgré tout de
Toulon le 25 mai 1830 : on comptait 453 navires, 27 000 marins, 37 000 soldats et 83 grosses pièces d'armement pour un éventuel siège d'Alger. Les troupes débarquèrent le 14 juin 1830 à 25 kms d'
Alger tandis que la ville était bombardée par la flotte abîmant au passage la citadelle de Fort-L'Empereur surnommée telle en l'honneur de
Charles Quint. Finalement, à l'issue d'une rude bataille et d'un siège éprouvant, le dey capitula. Cette expédition punitive destinée à rehausser l'image de Charles X aura fait 415 victimes et 2 160 blessés chez les Français et aura coûté pas moins de 48 millions de francs pour assurer les frais de cette bataille inutile... L'honneur fut peut-être sauvé du côté du roi mais l'honneur de la France ne s'en trouva pas grandi car les soldats victorieux mirent la ville à sac. Cantonnés d'abord sur le littoral, les Français eurent à faire face à une révolte en 1839 fomentée par Abd el-Kader. Entraînés à l'intérieur des terres, les Français durent mener une lutte terrible pour soumettre le pays. Une fois l'Algérie conquise, les choses furent plus faciles pour le Maroc et la Tunisie qui acceptèrent aisément un protectorat français. Les événements se calmèrent en 1871 quand la IIIe République proclama l'Algérie, « colonie de peuplement », ce qui n'avait plus rien à voir avec le rêve de
Napoléon III de créer un grand « royaume arabe uni ». Les colons arrivèrent de France avec l'appât du gain et tinrent la population autochtone en dépendance et sans espoir. Ce n'est qu'en 1940, alors que la
France était envahie par les Allemands et que l'Algérie était occupée par les alliés, les Algériens se mirent à rêver à l'indépendance. Ce ne fut alors que des actes cruels et indignes dans les deux camps avant que l'
Algérie devienne indépendante le 3 juillet 1962. Dans la foulée, le
Maroc et la
Tunisie recouvreront leur liberté très facilement et sans se battre.
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