Jean Calvin naît le 10 juillet 1509 à
Noyon en
Picardie dans une
famille relativement aisée puisque son père est conseiller juridique. Élevé par ses parents dans la religion catholique avec le secret espoir que Jean puisse épouser la carrière ecclésiastique, le jeune homme préfère suivre des études pour devenir juriste. Il se rend ainsi à
Orléans puis à Bourges. Initiateur de la réforme protestante avec Luther, sa doctrine diffère quelque peu notamment dans la pratique du dogme. En fait, l'on considère souvent que le Calvinisme est un prolongement du Luthéranisme. Séduit par la Réforme, il se convertit vers 1531 et propage la religion luthérienne à Paris. Poursuivi, il se cache à
Angoulême
puis à Nérac chez Marguerite de Navarre (soeur aînée du futur François 1er) qui est une femme ouverte aux idées nouvelles et qui protège les Protestants. Mais en 1534, les Protestants français sont pourchassés. C'est « l'affaire des placards » qui met le feu aux poudres : dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, des affiches sont placardées sur les murs de
Paris et d'autres grandes villes pour dénoncer la religion catholique et principalement l'Eucharistie. Jean Cauvin, appelé Calvin, s'exile à
Bâle en
Suisse et publie « L'institution chrétienne », un exposé de sa doctrine réformatrice, une sorte de catéchisme protestant. Il n'y retient que deux sacrements : le baptême et la communion. Les pasteurs ne sont plus nommés par la hiérarchie mais sont élus par les fidèles et chaque église est dirigée par un conseil élu. Le calvinisme bouleverse les croyances. Alors qu'il est à Genève, Calvin est nommé professeur de théologie en 1536 car la Réforme y est officiellement reconnue. Si l'église réformée est fondée par Guillaume Farel, c'est Calvin qui est chargé de son organisation. Mais deux ans après son entrée en fonction, il est renvoyé de Genève : on lui reproche d'être trop rigoriste. Il part à
Strasbourg mais Genève le rappelle en septembre 1541. La république de Genève devient calviniste quitte à exiler les non-protestants ou à leur appliquer la
peine de mort. Calvin, surnommé « le Pape de Genève », fait adopter ses propres théories notamment en matière de discipline. Ses positions sont parfois complètement intolérantes jusqu'à faire brûler ses opposants. Beaucoup plus radical que Luther, Calvin ne reconnaît pas les évêques, les prêtres, le Pape, rejette la messe et l'invocation des Saints... Son dogme enseigne la prédestination et non le libre-arbitre de l'individu. Pourtant, la séparation de l'église et de l'état n'est pas à l'ordre du jour. Homme de son époque, Calvin cède aussi aux accusations de sorcellerie notamment au moment de
la peste de Genève en 1545. Ainsi, la chasse aux sorcières a bien lieu dans les pays catholiques mais aussi protestants (ce serait des sorcières qui auraient propagé la
maladie...). 34 personnes sont brûlées vives. Éminemment respecté et écouté, Calvin s'éteint à
Genève le 27 mai 1564 en ayant fait partager sa doctrine à des millions d'individus. Cela dit, l'enseignement à grande échelle de la Bible et de la doctrine calviniste favorisa l'apprentissage de la
lecture et de l'
écriture à une époque où le savoir n'était encore réservé qu'à un petit nombre de personnes.
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