Le docteur Alexander Fleming, alors âgé de 47 ans, arrive le 3 septembre 1928 dans son laboratoire de Saint-Mary's Hospital à Londres. Il revient de
vacances et se rend compte que dans ses boîtes de Petri (petites boîtes peu profondes munies d'un couvercle servant à des expérimentations), des staphylocoques qu'il y faisait pousser, ont été envahies de colonies bizarres, d'un blanc verdâtre. Elles ont en fait été contaminées par un champignon microcospique, le penicillium notatum. Il s'apprête à les jeter quand il constate qu'autour des colonies de champignons, le staphylocoque ne se développe pas. Il en rend alors responsable cette drôle de substance secrétée par le champignon et la nomme « pénicilline ». Fleming publie aussitôt un compte-rendu de cette découverte. Durant les années qui suivent, la pénicilline ne sert qu'à isoler une bactérie résistante à celle-ci, la
bactérie B influenzae. Mais huit ans plus
tard, la pénicilline provoque l'intérêt d'un biochimiste allemand âgé de 30 ans, qui a fui le nazisme : Ernest Boris Chain. Il a été engagé par un professeur de pathologie à
Oxford, Howard Walter Florey. Chain, aidé de Florey et de deux bactériologistes, Edward P. Abraham et Norman Heatley, entreprend d'étudier les effets de la pénicilline sur la santé humaine. L'équipe décide de purifier la substance et en 1940, elle en produit 100 milligrammes. Une expérimentation est alors tentée sur huit souris le 25 mai 1940. Une dose mortelle de streptocoques est injectée avec, dans deux cas, un mélange de pénicilline, et dans deux autres cas, plusieurs injections répétées du produit. Au bout de dix heures, les deux dernières souris survivent ainsi qu'une des deux qui avait reçu une injection de pénicilline. Pour Ernest Boris Chain, c'est un miracle. Ces résultats sont publiés le 24 août 1940 sans que personne n'y prenne garde : n'oublions pas que nous sommes à l'époque de la bataille d'
Angleterre et que
Londres est très souvent bombardée ! Pourtant, les chercheurs, rendus fébriles par leur découverte, continuent leurs recherches et arrivent à guérir un adolescent qui présentait une suppuration du
col du fémur. Confortés par leurs essais et leur réussite, les chercheurs n'ont pourtant pas d'aide pour produire la pénicilline en grandes quantités, les pouvoirs publics et les industriels ayant bien autre chose à faire en cette période de guerre. Voyant cela, Florey par pour les
Etats-Unis et se met en rapport avec une usine chimique de l'
Illinois pour y établir un laboratoire. Cette usine est spécialisée dans l'épuration des eaux usées grâce à des bactéries. Or, un jour, par hasard, un melon est découvert, recouvert d'une moisissure : après analyse, il s'agit de penicillium chrysogenum... Cette substance peut produire 200 fois plus de pénicilline ! Cette fois, le produit miracle est reproduit à grande échelle et les laboratoires américains osent se lancer dans la production (Merck, Pfizer et Squibb). Très rapidement, le produit sera utilisé pour guérir les maladies microbiennes et infectieuses. Il s'agira d'une nouvelle sorte de médicaments qui seront qualifiés d'
antibiotiques. La pénicilline pourra ainsi guérir de nombreuses
maladies qui faisaient des ravages telles que la tuberculose ou la
syphilis. Même si Alexander Fleming a découvert la pénicilline par inadvertance, le chercheur anglais sera anobli et recevra le
Prix Nobel de physiologie-médecine en 1945 avec Chain et Florey.
Contributions de Catherine
>>
Voir tous les articles classiques>>
Envoyer cet article à un ami>>
Ajouter cet article dans vos favoris