Dès le 21 mars 1940, Paul Reynaud, un homme du centre, devient Président du Conseil en remplaçant Edouard Daladier déconsidéré depuis qu'il avait signé les accords de
Munich avec Hitler. Dès le début de l'invasion allemande, Reynaud appelle le 18 mai le Maréchal Philippe Pétain, le vainqueur de
Verdun, pour être son vice-président. Le lendemain, il rappelle Maxime Weygand à la tête des armées : ce dernier était l'ancien adjoint du Maréchal Foch. Une semaine plus tard, Paul Reynaud rencontre
Winston Churchill, le nouveau
1er ministre britannique. Les deux hommes tombent d'accord pour lutter ensemble contre Hitler selon l'engagement mutuel de la France et de l'Angleterre de ne pas accepter d'armistice ou de traité de paix séparé. Pourtant, dans son gouvernement, Reynaud compte quelques
ministres favorables à un armistice dont Maxime Weygand et Philippe Pétain convaincu de la future défaite. Paul Reynaud propose alors que les militaires demandent un cessez-le-feu afin que le gouvernement puisse se replier en
Afrique du Nord en continuant la lutte. En effet, la France dispose d'une aviation, d'une flotte, de régiments et de beaucoup d'âmes dans les colonies et les Français de métropole n'auraient qu'à patienter. Cette idée n'est pas du goût du général Maxime Weygand qui objecte que tout le territoire serait occupé, les armées défaites et les armes saisies. Il prône donc un armistice, soit un arrêt des combats en attendant un traité de paix normal. Pétain le soutient dans cette idée d'autant plus que l'exode a commencé, que la
Belgique et les
Pays-Bas ont été pris, que Sedan a été vaincue. Il ne veut pas abandonner le pays, affirme que l'armée a fait son devoir et qu'il faut savoir reconnaître une défaite. Une opinion est émise : demander à Hitler les conditions de l'armistice. Si celles-ci étaient trop dures, le gouvernement pourrait les rejeter et poursuivre la résistance, soit en métropole, soit en
Afrique. À cette époque, la défaite de l'Angleterre est fort probable avec la victoire de l'
Allemagne. Après tout ! Les dirigeants nazis semblent civilisés et courtois et on n'entend pas encore parler d'extermination... Deux personnes ne sont pas d'accord avec cette vision des choses : Georges Mandel, le Ministre de l'Intérieur et le général de brigade
Charles de Gaulle, alors sous-secrétaire d'état à la Défense. Pour eux, cette guerre n'a rien à voir avec les précédentes : il s'agit de se battre contre des régimes totalitaires (
Allemagne nazie,
Italie fasciste et
URSS communiste). De Gaulle est envoyé à Londres pour prier Churchill de dégager la France de sa promesse. Le 16 juin, Paul Reynaud reçoit un télégramme de Churchill qui l'autorise à demander les conditions d'un armistice à Hitler tout en mettant la flotte française à l'abri dans les ports britanniques. Puis
Churchill propose une union totale entre l'
Angleterre et la
France ne faisant des deux
pays qu'un seul. Un rendez-vous est pris pour le lendemain entre les deux hommes mais ce traité d'union est rejeté par les partisans de l'armistice, majoritaires dans le gouvernement. Isolé,
Paul Reynaud démissionne le soir du 16 juin 1940. C'est au
Président de la République, Albert Lebrun, de nommer son remplaçant pour négocier l'armistice et la paix (sic !). L'homme est tout trouvé : il s'agit du Maréchal
Philippe Pétain qui forme un nouveau gouvernement. Il prononce un très beau discours à la radio le 17 juin à midi rassurant tous les Français désemparés. Ce discours fervent mais quelque peu incohérent n'est pas compris de la même manière. Certains soldats croient que les combats doivent cesser à l'instant et se rendent, d'autres continuent le combat. Alors que le
général de Gaulle organise la résistance à
Londres, Pétain penche de plus en plus vers la collaboration qui se concrétisera le 24 octobre dans la gare de Montoire-sur-le-Loir avec une franche poignée de main entre
Hitler et Pétain...
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