Tentant la traversée de l'Atlantique
Paris - New York sans escale, les deux aviateurs décollent de l'
aéroport du Bourget le 8 mai 1927 sur le biplan Levasseur, baptisé pour la circonstance « L'Oiseau blanc ». Charles Nungesser, âgé de 35 ans, est bien connu des Français de l'époque pour être un « as de la grande guerre ». Né à
Valenciennes, Nungesser est un aventurier idéaliste parti en
Amérique du Sud à l'âge de 15 ans. Il y effectue différents métiers (boxeur, cow-boy, pilote de courses...) et commence à piloter très tôt. Lors de la
première guerre mondiale, il s'engage chez les hussards où il se fait très tôt remarquer pour avoir subtilisé des plans ennemis.
Surnommé « hussard de la mort », il rejoint l'aviation, pilote des bombardiers et effectue pas moins de 53 missions. « Casse-cou », il n'hésite pas à pourchasser les avions allemands ce qui lui vaut la Croix de Guerre. Nommé à
Nancy, il excelle dans les acrobaties aériennes et abat nombre d'avions de chasse allemands. Grièvement blessé en février 1916, rien ne l'arrête, il refuse d'être réformé et le mois suivant atteint son avion sur des béquilles. Il vole quand même pour se battre mais doit se faire porter et extraire de son avion. À
Verdun, il abat 10 avions ennemis, 9 autres sur la Somme dont un « triplé ». Malgré sa santé précaire et de nouvelles blessures, il négocie son départ de l'hôpital et rejoint
Dunkerque en mai 1917. Il remporte encore 9 victoires en vol. Il est ensuite victime d'un
accident de voiture en octobre 1917 et reste à l'hôpital jusqu'à la fin de la guerre ou presque puisque le 15 août 1918, il abat encore d'autres avions portant son record à 43 avions allemands abattus. Après la guerre, il crée son école de pilotage puis part en tournée d'exhibition aux Etats-Unis. Son grand rêve et son besoin maladif de se surpasser lui font mettre sur pied son projet de traversée de l'Atlantique sans escale avec François Coli. Ce dernier est aussi un héros de la
première guerre mondiale. Décoré de la Croix de Guerre et Officier de la
Légion d'Honneur, il a pourtant perdu l'oeil droit. En 1919, il a déjà réussi la double traversée de la Méditerranée battant le record de distance en ligne droite. En 1927, aux
Etats-Unis, un prix est offert de 25 000 dollars pour qui traversera l'Atlantique sans escale en avion le premier. Mais Nungesser est désintéressé et ne s'inscrit pas au prix Orteig, il préfère gagner cet exploit sans récompense. Les deux compères, aussi fou l'un que l'autre, décollent le 8 mai 1927 et pour être plus légers, n'emportent ni radio, ni canot de sauvetage... « L'oiseau Blanc » pèse quand même 5 tonnes au décollage et doit prendre un kilomètre d'élan avant de s'envoler dans les airs. On ne les retrouva jamais... Ironie du sort, quelques jours plus tard, Charles Lindbergh réussit sa traversée en partant de
New York le 21 mai 1927 sur le « Spirit of Saint Louis »... Il remportera le prix Orteig auquel il s'était inscrit. Des recherches furent menées et d'après une enquête, « L'Oiseau Blanc » se serait écrasé dans une forêt du
Maine : un rapport de l'US Air Force aurait repéré une masse blanche dans ces forêts denses... Ces deux passionnés auraient-ils réussi leur pari avant Lindbergh ?
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