À cette époque, le neveu du vieux roi
Louis XVIII, Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry reste le seul espoir des Royalistes de perpétuer la lignée des Bourbons. Or, le 13 février 1820, un Républicain fanatique, Louis Louvel, ouvrier de son état, l'assassine d'un coup de couteau sur les marches de l'
Opéra à Paris, son but étant de mettre fin à la Monarchie. Ce crime suscite une immense émotion et il ne faut pas attendre bien longtemps pour que les ultra-royalistes, dont Chateaubriand, accusent le gouvernement de Decazes de laxisme. Pourtant, on apprend peu après que la duchesse de Berry est
enceinte et quelques mois plus tard, elle donne
naissance à un fils, nommé Henri, le 29 septembre. L'espoir renaît en France : ce nouveau futur roi est célébré par
Lamartine et par
Victor Hugo... Mais dix ans plus tard, la Révolution de 1830 évince
Charles X, son grand-père, qui doit abdiquer et s'exiler. Son oncle, le duc d'
Angoulême renonce lui aussi à la couronne. Seul, l'enfant roi peut encore accéder au trône de France mais il part en exil avec Charles X d'autant plus que le duc d'Orléans se fait aussitôt élire roi des Français sous le nom de Louis-Philippe. À la mort de Charles X, une souscription est lancée auprès des Français pour offrir au jeune Henri, le magnifique
château de Chambord. Henri devient donc Henri de Chambord, duc de
Bordeaux. Il est élevé par Madame Royale en
Autriche, fille rescapée de Louis XVI, dans la haine de la Révolution avec une certaine ignorance de la France. Henri de Chambord finit par épouser Marie-Thérèse, archiduchesse, fille du duc François IV, car Louis-Philippe mettait la pression pour éviter un mariage trop « royal ». Or son épouse n'est pas non plus des plus tendres avec la
Révolution Française, ni avec la France. Henri de Chambord méconnaît donc totalement la réalité française en gardant la nostalgie du passé et de la monarchie de droit divin. Le jeune héritier de Louis-Philippe meurt accidentellement en juillet 1842. La question de la régence se pose alors et le comte de Chambord rassemble à
Londres ses partisans, froissant ainsi la Reine Victoria qui préfère se rapprocher de la monarchie de juillet. Une nouvelle révolution éclate en 1848 et
Louis-Philippe est à son tour exilé en précisant pourtant que Henri de Chambord reste le seul héritier de la couronne malgré la division entre les partisans des Bourbons et ceux du comte de
Paris, duc d'
Orléans. Arrive alors Louis-Napoléon qui fait un coup d'état et qui prend le pouvoir en 1851. La défaite de Sedan en 1870 provoque la fin du second Empire de
Napoléon III et des élections sont organisées. Le résultat en est une majorité royaliste mais les députés préfèrent attendre le départ des Allemands pour rappeler leur roi pour une éventuelle restauration. Finalement, les princes de France exilés peuvent rentrer en France en 1871. Mais le Comte de Chambord, avec sa haine de la République, s'obstine à réclamer l'institution du drapeau blanc en remplacement du drapeau national bleu, blanc, rouge. Après un bref séjour en France, comme les députés refusent l'abrogation du drapeau national, Henri repart en exil en renonçant au trône qui pourtant lui était offert sur un plateau ! Deux ans plus tard, la République est en plein désarroi. Henri de Chambord revient alors en
France mais Mac-Mahon,
Président de la République, refuse de le recevoir et fait voter le septennat... La République s'installe alors dans la durée... Finalement, le dernier des Bourbons s'éteint le 24 août 1883 sans héritier. Il est enterré à Goritz (en
Slovénie). Cette disparition sans postérité d'Henri (qui aurait pu être Henri V) fut une tragédie pour les royalistes. Avec lui disparut une certaine conception du royalisme, ce principe de droit divin devenant un parti politique comme un autre, bien minoritaire au demeurant.
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