Jour noir que ce 18 mars 1978, il y a vingt ans déjà ! L'Amoco Cadiz était un énorme pétrolier construit quatre ans plus tôt et immatriculé au
Libéria. Avec ses 330 m de long, il dépendait de la compagnie américaine Amoco Transport, une filiale de la Standard Oil, compagnie créée par Rockefeller aux
Etats-Unis. En s'échouant au large de la
Bretagne, face au village de Portsall dans le Finistère Nord deux jours plus tôt, l'Amoco Cadiz allait laisser s'échapper dans la mer quelque 220 000 tonnes de pétrole brut venu d'
Iran sans compter 3 000 tonnes de fuel qui se déversèrent sur 400 kilomètres de côtes bretonnes. Neuf ans plus tôt, le même jour soit le 18 mars 1967 s'était échoué le Torrey Canyon, pétrolier d'une
compagnie libérienne là encore, filiale d'une autre compagnie américaine, « Union Oil Company of California ». Le Torrey Canyon, chargé de 120 000 tonnes de pétrole brut, s'échoua au large des côtes britanniques et plusieurs nappes de pétrole dérivèrent vers la Manche, touchant également les côtes françaises. Si, après le Torrey Canyon, les prises de conscience avaient été fortes concernant les catastrophes écologiques, la marée noire provoquée par l'Amoco Cadiz est considérée encore aujourd'hui, comme l'une des pires catastrophes écologiques de l'histoire en
France. Tous les moyens déployés, l'armée y compris, furent insuffisants pour contenir le désastre, les moyens techniques se révélant insuffisants et le matériel inadapté. Des centaines de volontaires se mobilisèrent pour ramasser le goudron sur les plages et les rochers. Le gouvernement tenta de pomper le pétrole et de le disperser. Mais c'est avec le temps et surtout grâce aux vagues que peu à peu, le pétrole englué disparut des côtes bretonnes. Le
pétrole étant destiné à la compagnie Shell, des associations écologistes appelèrent au boycott de ses produits à la pompe mais, comble de l'ignominie, Shell Internationale intenta un procès aux organisations écologistes pour « obstruction commerciale ». Comble de l'ironie, la société Shell gagna son procès et une somme mirobolante fut réclamée à ces « empêcheurs de gagner en rond ». Shell n'eut quand même pas l'audace de venir leur réclamer quoi que ce soit, ce qui aurait eu pour conséquence, la dissolution directe de toutes les associations écologiques concernées... Quelques années plus tard, le 12 décembre 1999, les côtes bretonnes furent une nouvelle fois touchées par le naufrage de l'Erika, pétrolier battant pavillon maltais mais affrété par Total-Fina-Elf. Erika transportait 37 000 tonnes de fuel lourd provenant de
Dunkerque pour livraison à Livourne en
Italie. Du
Finistère à la
Charente-Maritime, 400 km de côtes furent souillées et le poids des déchets sera estimé à 250 000 tonnes. Cette fois, la cargaison était également très toxique car 10 tonnes de produits cancérigènes se seraient retrouvées dans l'océan (un second produit bien plus toxique aurait été ajouté à la cargaison). Après un très long procès, le tribunal correctionnel de
Paris décidait le 16 janvier 2008 de reconnaître le groupe Total coupable de pollution maritime ; l'armateur, le gestionnaire et l'organisme de certification du navire étant coupables de faute caractérisée. Tout en versant des dommages et intérêts, Total a fait appel de cette condamnation le 25 janvier 2008...
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