Ravachol, Ravachol... Le nom vous dit quelque chose mais qui, où, pourquoi ? Il s'agit de François Claudius Koënigstein, né le 14 octobre 1859 à Saint-Chamond,
département de
La Loire, en
France. Issu d'une famille de teinturier d'origine néerlandaise, il suivit son père en devenant lui-même ouvrier-teinturier. A lui seul, après la mort de son père, il faisait vivre toute sa
famille (sa mère, sa soeur, son frère et même son neveu). Il lui arrivait même de jouer de l'
accordéon dans des bals le dimanche à Saint-Etienne pour arrondir ses fins de mois. Déjà, dès l'âge de 8 ans, celui qu'on appellera Ravachol traîne dans les
rues, vit de subsides ou de vols. Rien ne l'arrête, ni la strangulation d'un vieillard de 93 ans pour lui subtiliser son or, l'ermite de Montbrison ayant été trouvé mort, ni l'éventrement d'une tombe d'une vieille comtesse pour en extraire des
bijoux. Avec un tel parcours, rien n'est étonnant au fait qu'il organise des attentats, notamment contre les représentants de la justice.
or, le 1er mai 1891, à Fourmies dans le
Nord, les ouvriers se révoltent pour obtenir la journée de
travail à 8 heures. Des affrontements ont lieu, la police tire sur le peuple. L'on compte neuf morts dont des femmes et des enfants. Toujours le 1er mai de cette même année, Clichy voit défiler des anarchistes. Ce ne sont que des incidents. Trois manifestants sont arrêtés et battus dans un commissariat de
police. Un procès s'ensuit mais deux anarchistes sur trois sont condamnés à la
prison alors que les violences policières étaient bien réelles. Ces événements reliés aux répressions des Communards, révoltent le jeune François. Il prend alors le parti, pour se faire entendre, du terrorisme. Nommé Ravachol désormais, il pose des bombes dans les maisons de l'
avocat général et du
juge Benoit en charge de l'affaire de Clichy. Mais Ravachol est dénoncé dans ses plans et arrêté. Il passe aux Assises pour son attentat au
restaurant Véry à
Paris, le 26 avril 1892 : Ravachol est condamné à la réclusion à perpétuité. Mais un second procès a lieu et cette fois, il est condamné à mort pour trois assassinats dans lesquels il aurait participé, sans que cela ne fut jamais prouvé. Le seul qu'il reconnut fut le meurtre de l'ermite de Montbrison, conséquence de la misère dans laquelle vivait Ravachol. Toutes ces circonstances atténuantes de son enfance, de sa pauvreté n'y feront rien : Ravachol sera guillotiné le 11 juillet 1892 à l'âge de 33 ans à Montbrison.... Six mois plus tard, une bombe fut jetée dans la Chambre des députés pour le venger. Depuis cette sombre histoire, Ravachol est parfois devenu la représentation d'une jeunesse révoltée et désespérée, prête à tout, jusqu'à l'
anarchisme et à
la mort... en témoigne la
chanson de
Renaud « Ravachol ».
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