L'histoire débute après la
Seconde Guerre mondiale quand le président américain
Harry Truman décide d'instaurer une commission afin de mettre à l'écart les fonctionnaires soupçonnés de sympathie avec l'
Union soviétique. Nous sommes alors en pleine guerre froide et l'armement nucléaire est au centre des débats. Le 9 février 1950, Joseph McCarthy, le sénateur républicain du
Wisconsin, révèle les noms de 57 fonctionnaires fédéraux du ministère des Affaires étrangères, qui sont ou seraient proches des Communistes. À la suite de cette affaire, n'importe quel fonctionnaire peut alors être révoqué s'il est simplement soupçonné de sympathie avec l'URSS. À cette époque, David Greenglass, le frère d'Ethel Rosenberg, est engagé dans l'armée du
Nouveau-Mexique : c'est là que se déroule le «
Manhattan Project », un programme de renforcement de la bombe atomique. Il y
recueille des renseignements et en fait part à son beau-frère, Julius Rosenberg, un communiste susceptible de faire passer les
informations au régime de
Staline. David Greenglass est arrêté, nie les faits et passe aux aveux en dénonçant les époux Rosenberg en échange de sa liberté et de celle de sa femme. Julius et Ethel sont arrêtés, passent en
jugement et nient les faits. Ils sont cependant incarcérés dans la
prison de Sing-Sing près de New York. Leurs aveux auraient pu les sauver de la chaise électrique mais il n'en est rien. Ils sont condamnés à
mort le 29 mars 1951 par un jury populaire pour avoir transmis des secrets sur la bombe atomique au vice-consul soviétique basé à
New York. Dwight
Eisenhower arrive alors à la présidence américaine et McCarthy devient le
président d'un sous-comité sénatorial d'enquête permanent. Il entame alors une « chasse aux
sorcières » complètement disproportionnée, suspectant tout et tout le monde : fonctionnaires,
journalistes, cinéastes, intellectuels sont suivis, suspectés, menacés... Il va même jusqu'à mettre en cause le général
Marshall,
Robert Oppenheimer et
Charlie Chaplin. Ce dernier doit s'exiler en
Europe. L'
Amérique devient folle car tout le monde dénonce tout le monde. Même
Walt Disney et Elia Kazan participent aux calomnies et aux dénonciations. Complètement fou, McCarthy s'en prend ensuite à l'armée... Il reçoit alors un blâme officiel le 2 décembre 1954. Entre-temps, l'affaire Rosenberg prend une autre tournure en 1952 : les communistes proclament leur innocence dénonçant l'antisémitisme ambiant. L'affaire devient internationale. Des personnalités de gauche comme de droite prennent la défense des accusés, comme François Mauriac et même le Pape Pie XII et demandent leur libération. Mais Julius et Ethel Rosenberg sont exécutés sur la chaise électrique le 19 juin 1953. Agés de 37 et 35 ans, ceux qui avaient toujours nié leur implication dans une traîtrise quelconque, laissent deux orphelins de 10 et 6 ans.
McCarthy décèdera quelques années plus tard, dans l'indifférence générale, sa campagne anti-communiste ayant entraîné des milliers d'enquêtes, 7 000 démissions de
fonctionnaires, 700 révocations, et de nombreux drames personnels... On pourrait se dire « voilà deux innocents qui ont été assassinés par la faute d'un fou furieux »... Mais, l'ouverture des archives américaines et soviétiques ont prouvé que les Rosenberg étaient bel et bien des espions communistes d'
URSS sous les noms de « Liberal » et d' « Antenne » et avaient bien transmis des documents volés par David Greenglass, documents qui n'avaient cependant, que peu d'intérêt scientifique.
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