Dès 1560, Charles IX avait instauré une peine minimum de dix ans pour les prisonniers accusés de meurtres, de vols, de viols, à servir dans les galères royales. Ainsi, les condamnés devaient « ramer » enchaînés à leurs bancs, à côté des engagés volontaires qui eux, n'étaient pas enchaînés. C'est ainsi que fonctionnait la marine. Peu importait si le navire coulait, les volontaires pouvaient s'en sortir peut-être en nageant, les forçats quant à eux, sombraient avec la galère. Autant dire que la chiourme (nom donné à l'équipage), n'avait pas la vie facile d'autant plus qu'il était courant qu'on privait les galériens de rations ou qu'on les fouettait quand la galère avançait trop lentement.
Louis XIV, voulant régner sur les terres et les mers, accentua le problème et Colbert fut chargé de mettre en place une Marine Française pouvant concurrencer les Britanniques et les Hollandais.
Colbert lança donc le projet d'une Marine Royale avec la construction en France de navires (auparavant elle les achetait à l'étranger). C'est ainsi que la
France compta bientôt 116 bateaux et plus de 6 000 canons, la flotte étant basée à Toulon avec une quarantaine de galères. Les galères étaient des vaisseaux longs avec un seul pont et deux mâts, armés de canons à l'avant, l'arrière étant consacré aux appartements des officiers. Ces derniers étaient des gentilshommes au nombre de quatre par galère qui commandaient environ cent soldats, ceux-ci servant de gardiens pour les prisonniers en les enchaînant ou en vérifiant leurs corvées (il fallait bien nettoyer le bateau de temps à autre !). Parmi les galériens, l'on trouvait des prisonniers mais aussi des engagés volontaires ou des esclaves achetés dans de vulgaires marchés tels ceux de
Gênes et de
Malte. Mais acheter ces esclaves coûtait cher donc on rajoutait à la main-d'oeuvre des vagabonds, des huguenots s'étant attiré les foudres du roi ou des contrebandiers qui vendaient du sel au rabais, sel qui, rappelons-le était taxé de
la gabelle. Inutile de préciser que les conditions de vie de ces malheureux étaient tout simplement insupportables. Ils dormaient à même leurs bancs sans qu'on leur enlève leurs chaînes, ils souffraient de
malnutrition ainsi que de
maladies consécutives à leur manque d'
hygiène. Parfois même, des rats s'étaient faufilés lors de l'embarquement et l'odeur qui régnait dans les galères n'était guère supportable. Ainsi, la Marine Royale n'avait de « Royale » que le nom. Bien sûr, à l'époque, d'aucuns s'en sont émus ou indignés mais ils n'étaient pas écoutés. Le scandale des galères prit fin le 27 septembre 1748 grâce à une ordonnance écrite par le roi
Louis XV abolissant les galères. Celles-ci furent incorporées dans la marine et les forçats eurent ainsi le « privilège » d'être incarcérés dans des prisons et notamment au bagne de
Toulon, même si les conditions de vie n'étaient pas des plus humaines. Cela valait mieux déjà que de faire travailler jour et nuit des hommes enchaînés tributaires parfois d'officiers cruels et sadiques et dont la vie ne tenait... qu'à une chaîne !
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