Une belle révolution pour les Français moyens ! Alors que tous les actes légaux et notariés n'étaient écrits qu'en latin en France au XVIe siècle, ceux-ci n'étaient guère accessibles au peuple, la connaissance du latin restant le privilège des personnes instruites de l'époque. Cette ordonnance de Villers-Cotterêts (dans le
département de l'Aisne dans la
région Picardie), demandée par
François Ier, allait changer bien des choses pour le peuple de France. Comprenant 192 articles, elle fut rédigée par le chancelier Guillaume Poyet. Ainsi, dès le 10 août 1539, tous les documents administratifs et judiciaires furent à portée de compréhension de chaque personne à une seule condition : qu'elle parle la langue d'oïl, majoritairement usitée sur les bords de la Loire et dans le bassin parisien. Désormais, tous les registres, enquêtes, contrats, sentences, testaments, commissions, actes de justice, furent délivrés dans un
langage compréhensible par le plus grand nombre. De même, l'ordonnance de Villers-Cotterêts stipulait que les
curés devront enregistrer les
naissances,
mariages et
décès... Un avant-goût de l'état civil en quelque sorte. Il était temps que l'unité nationale passe par une langue unique en France car dans les autres
pays européens, cela était déjà fait. Ainsi, l'Anglais, l'Allemand, le Castillan et le Toscan étaient des langues nationales d'usage en
Angleterre, en
Allemagne, en
Espagne et en
Italie au XVIe siècle et la France était à la traîne.
Luther traduisit
la Bible en allemand ce qui poursuivit la tendance de la désaffection du Latin. En
France, la situation était plus complexe puisque chaque province avait un dialecte et faire de la langue d'oïl la langue française n'était pas des plus faciles. Aujourd'hui encore, certaines personnes âgées parlent encore le patois et l'on apprend certaines langues régionales à l'école (le Breton, l'Alsacien, le Basque, le Flamand, le Corse, le Provençal...). Un peu plus tard, à partir de
Louis XIV et jusqu'à la
Révolution, le Français fut utilisé par les intellectuels européens et lors des rencontres diplomatiques. Malheureusement, son déclin en
Europe fut perceptible après la signature du traité de
Versailles,
Clemenceau ayant donné son accord pour l'emploi de l'Anglais à côté du Français. Aujourd'hui, les anglicismes sont monnaie courante dans la langue de
Molière et les parents désespèrent de voir leur progéniture écrire un si mauvais Français, il faut dire aussi que la méthode globale d'apprentissage de la
lecture et de l'
écriture y est pour beaucoup. Il n'est pas certain non plus que la classe politique favorise l'épanouissement du Français au plan international, certains poussant à l'
apprentissage des langues étrangères dès la maternelle alors que le Français n'est pas encore assimilé. Mais on peut penser que les
traductions instantanées sur
Internet ne vont plus vraiment pousser au maintien de l'anglais comme langue internationale. En effet, il se pourrait que dans les années à venir, les hommes d'affaires préfèrent utiliser leur
langue maternelle et ses nuances plutôt que de parler un anglais basique et approximatif. Les nouveaux outils technologiques pourraient bien faire tomber l'Anglais de son piédestal avant peu... C'est à souhaiter pour le Français, une des langues les plus riches du monde, malheureusement délaissée pour l'heure par les petits Français eux-mêmes...
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