Même si les Etats généraux se sont réunis, même si le 14 juillet a eu lieu, Louis XVI fait contre mauvaise fortune bon coeur et donne l'impression de reconnaître le mouvement révolutionnaire. Pourtant, il refuse de signer la Déclaration des
Droits de l'Homme et du Citoyen ainsi que l'abolition des droits féodaux. Plus rien n'est possible entre le roi, les nobles et de l'autre côté le peuple et ses représentants. À l'Assemblée constituante, c'est la cacophonie, chacun y va de sa petite phrase, les partis éclatent. Ainsi, on y trouve des députés hostiles à la Révolution, le plus souvent des nobles mais aussi des membres du clergé. Ils sont surnommés « les Aristocrates » avec mépris. De l'autre côté, l'on trouve les députés favorables à la Révolution, surnommés, eux, « Les Patriotes ». Au milieu de ce capharnaüm, certains gesticulent, parlent beaucoup et conseillent même le roi, comme un certain Mirabeau. D'aucuns sont partisans du suffrage universel, s'inspirant de
Rousseau, comme
Robespierre, d'autres penchent plutôt pour une monarchie constitutionnelle avec deux assemblées, d'autres encore, nommés les « Constitutionnels », préfèrent une monarchie démocratique avec une Assemblée législative, et les derniers veulent un Triumvirat avec une monarchie forte et une assemblée unique. Bref... Personne ne s'y retrouve et le peuple encore moins ! Certains conseillent à Louis XVI de faire venir les troupes victorieuses à Versailles pour les récompenser lors d'un banquet le 1er octobre. Lors de cette grande fête, des esprits échauffés piétinent la cocarde tricolore symbole de la Révolution. Or, la disette règne toujours dans le pays et la cherté de la vie affame la population. Ainsi, une foule irritée se réunit le 4 octobre dans les jardins du Palais-Royal à Paris. Le lendemain, elle décide de se rendre à Versailles sous les cris de « A bas les Aristocrates ! ». Ce sont les femmes qui décident de ce mouvement. Elles se rendent au nombre de 7 000 ou 8 000 devant les grilles du palais en hurlant « A Versailles ! », « Du pain ! ». D'anciens combattants de
la Bastille les accompagnent. Les révoltés s'emparent de tout ce qu'ils trouvent comme armes, fourches, piques... Louis XVI se trouve ainsi prisonnier des révolutionnaires parisiens ne sachant que faire. L'Assemblée est envahie. Une délégation est reçue par
Louis XVI qui leur promet du ravitaillement pour Paris. Mais un second cortège arrive et cette fois, les émeutiers plus vindicatifs forcent les grilles des écuries et s'installent juste devant le château pour la nuit. La situation est de plus en plus grave quand arrive La Fayette avec la garde nationale. Il remet un peu d'ordre mais le roi ne se décide pas à faire chasser les révoltés. Le lendemain matin, une émeute éclate, des gardes royaux sont tués et la foule se rue dans les
appartements de la reine
Marie-Antoinette, détestée du peuple.
La Fayette persuade alors le couple royal de se montrer au balcon et de signer la
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen puis de regagner Paris. La
famille royale est donc contrainte d'abandonner
Versailles pour se loger au Palais des Tuileries à Paris. La foule a réussi son pari... Ramener le Roi à
Paris par la force s'il le faut. Des voitures pleines de farine et de grains les suivent. La foule hurle « nous ne manquerons plus de pain, nous ramenons le
boulanger, la boulangère et le petit mitron ». L'Assemblée suivra elle aussi et s'installera dans la salle du Manège des Tuileries où les députés s'assiéront selon leurs affinités politiques, à droite (favorables à la monarchie constitutionnelle) ou à gauche (favorable à la République et à
la Révolution)...
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