Le 5 mars 1815, Louis XVIII reçoit un courrier du baron de Vitrolles lui annonçant que Napoléon s'est enfui de l'
Île d'Elbe et que son plus grand ennemi est en route pour reconquérir son trône. Pour toute réponse, il fait porter cette missive au Ministre de la Guerre en disant laconiquement : « il verra ce qu'il aura à faire ». Il devait pourtant bien s'en douter... Comment Napoléon aurait-il pu se contenter de la souveraineté d'une toute petite île entre la
Corse et l'
Italie, lui qui avait créé un Empire en quelques années ? Il fallait bien se rendre à l'évidence : ce n'était pas un homme falot, frère cadet de
Louis XVI ayant accepté une monarchie constitutionnelle le 6 avril 1814 qui allait pouvoir arrêter Napoléon ! D'autant plus que les Français étaient quand même encore très largement bonapartistes. Les plus fervents d'entre eux étaient les anciens militaires de la Grande Armée mais aussi les nouveaux propriétaires des biens réquisitionnés durant la
Révolution. En outre, toutes
sortes de rumeurs circulaient sur la famille royale et, les ultraroyalistes menés par le frère de Louis XVIII menaient la vie dure au régime en place. Le peuple, quant à lui, ne suivait guère le roi qu'il suspectait de vouloir revenir à la monarchie absolutiste. Louis XVIII était cependant conscient de l'atmosphère qui régnait en
France à cette époque car il se tenait informé en lisant toutes sortes de journaux. Ainsi donc, Napoléon n'eut aucun mal à quitter l'île d'Elbe dans le plus grand secret pour débarquer à Golfe-Juan le 1er mars. L'accueil y fut mitigé mais Napoléon fut complètement acclamé quand il arriva dans le Dauphiné et, à
Grenoble, des troupes envoyées pour le contrer se rallièrent à sa cause. Au début, comme on l'a vu, Louis XVIII ne s'affole pas et n'y croit pas trop. Pourtant, il finit par craindre le ralliement de l'armée à « l'usurpateur » et envoie ses troupes aux quatre coins du royaume. Le frère du roi, le futur Charles X part pour
Lyon avec à ses côtés le duc d'Orléans (le futur Louis-Philippe 1er). Toute la famille noble est réquisitionnée pour lutter contre Napoléon : le duc de Berry est envoyé à Besançon, la famille d'Angoulême est chargée de défendre
Bordeaux et sa
région. Les choses se passent ensuite très vite. Le 10 mars, les pièces d'artillerie manquent et les hommes sont trop peu nombreux côté royaliste. Le Duc d'
Orléans abandonne suivi par le frère du roi qui se réfugie aux Tuileries. Ce dernier accuse le Ministre de la Guerre, le Maréchal Soult, de conspiration avec l'ennemi. Celui-ci donne sa démission le 13 mars. Le lendemain, le maréchal Ney, traître à Napoléon, rejoint Soult par peur des représailles de l'Empereur sans doute. Le 16 mars, Louis XVIII se rend à la Chambre des députés promettant de défendre chèrement la monarchie constitutionnelle en ne quittant jamais son poste. Le vieux roi obèse fait l'objet de « plans » saugrenus : Les Tuileries vont être transformées en une grande forteresse, le roi sur son trône avec deux mois de vivres à ses pieds... Ou, le grand roi ira lui-même à
cheval (lui qui ne savait monter dans une calèche qu'avec difficultés) rencontrer l'Usurpateur, insufflant un camouflet tel à Napoléon que ce dernier, honteux, n'aurait guère pu que repartir d'où il venait. À part, son beau discours, Louis XVIII ne dit mot. Il tente encore d'envoyer d'autres troupes pour chasser Napoléon, troupes qui se rallient elles aussi à ce « diable de Buonaparte ». Malgré ses belles promesses, Louis XVIII s'enfuit piteusement le 19 mars, ayant peur pour sa vie, en ayant pris soin de faire évacuer les joyaux de la Couronne. Il part donc, honteux, sous la pluie aux alentours de 23 h 30 vers les
Pays-Bas. Le 20 mars, Napoléon entre triomphant aux Tuileries, acclamé par tout un peuple. Le vieil obèse Louis XVIII âgé de 60 ans arrive à Gand le 30 mars, 10 jours en calèche à l'époque pour autant de kilomètres relèvent presque de l'exploit de vitesse ! Tous les Bourbons se dispersent en
Europe hormis la duchesse d'Angoulême qui tente de résister jusqu'au bout et qui ne se réfugie en Angleterre que le 3 avril pour rejoindre l'
Espagne le 16 avril. Elle fut surnommée « l'Orpheline du Temple », la seule à encourager ses troupes.
Napoléon dira d'elle : « c'est le seul homme de la
famille. ».
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