La grande Jacquerie du
Moyen Age, dont le terme est synonyme de révolte paysanne, a lieu le 21 mai 1358 dans la région de
Beauvais. Les paysans de l'époque étaient appelés « Jacques » ou « Jacques Bonhomme ». En 21 mai, des paysans, au nombre d'une centaine, prennent leurs fourches, leurs bâtons et leurs couteaux, pour s'attaquer aux Nobles. L'une des plus sanglantes révoltes paysannes du Moyen Âge s'étend alors à tout le bassin parisien (
Picardie,
Champagne, Artois,
Normandie,
Île de France...). Tuant, volant, violant, les paysans participant à la
grande jacquerie, avec à leur tête Guillaume Carle (ou Caillet), sont sans pitié. La France est alors en pleine
Guerre de Cent Ans, la crise est tout autant militaire que politique ou sociale. Paradoxalement, certains révoltés font partie des paysans aisés, la paysannerie de cette
région étant l'une des plus riches d'
Europe. Dix ans plus tôt, une
épidémie de peste a ravagé les nations occidentales. La main-d'oeuvre qui reste – beaucoup de personnes ayant été décimées - peut ainsi faire valoir ses droits et se sent capable de négocier. En effet, les cultures ont été abandonnées et les Seigneurs cherchent des paysans pour s'occuper des champs. Parallèlement, les chevaliers français ont été battus sévèrement par les Anglais d'abord à Crécy en 1346 puis à
Poitiers en 1356, d'où l'impopularité croissante des Nobles dans le pays. Tandis que le roi Jean est prisonnier à
Londres, le prévôt des marchands de
Paris, Etienne Marcel, prend le pouvoir dans la capitale. Grands bourgeois et nobles veulent alors imposer de nouvelles taxes à la paysannerie d'autant plus qu'il faut payer une rançon pour le roi. En outre, les récoltes se vendent mal. La situation des paysans devient intolérable. Toute cette agitation ne fait que profiter à Etienne Marcel pour se maintenir en place. Les violences gagnent tout le pays. Les paysans ont été décrits comme très cruels, voire des « chiens enragés » qui brûlaient, tuaient, sans vergogne, des bâtiments et des familles nobles. Ces derniers arrivent cependant à écraser les Jacques le 10 juin 1358 à Clermont-sur-Oise, aidés par des mercenaires sanguinaires (les « compagnies ») et les responsables des révoltes sont torturés sans pitié puis exécutés. La ville de
Meaux est brûlée par le comte de Foix et le duc d'Orléans ainsi que par Charles Le Mauvais qui prétendait au trône de
France en l'absence de Jean Le Bon. Guillaume Carle fut capturé par traîtrise, torturé et décapité. Pourtant, cela ne sera pas la fin des Jacqueries qui continueront de manière épisodique, surtout en
Angleterre en 1381. Au-delà de la pression fiscale, ces révoltes sont aussi l'expression d'une demande de considération de la part des Paysans dont les mouvements continueront, de siècle en siècle, jusqu'à la
Révolution Française.
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