Ce seigneur puissant et respecté et, déjà âgé de 47 ans, ce qui est beaucoup pour l'époque, ne s'attendait certainement pas à ceindre la couronne de France et à lui donner une dynastie : les Capétiens. Fils de Hugues le Grand, duc des Francs et de Hedwige de Saxe, Hugues Capet épouse Adélaïde d'
Aquitaine avec qui il eut quatre enfants dont Robert II le Pieux qui lui succèdera. Il descend des Robertiens Eudes et Robert Ier tous deux jadis élus rois des Francs. Il devient Comte d'Orléans à la
mort de son père ainsi qu'abbé laïc de Saint-Martin de
Tours mais aussi de Marmoutier, de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Denis. Le roi en place, Lothaire, descendant de
Charlemagne, lui rend son titre de duc des Francs et de Marquis de Neustrie en 960. En mai 987, Louis V, le roi carolingien décède subitement. Or, il n'a pas d'enfant. Les Seigneurs se réunissent à
Senlis le 1er juin 987. Ne reste comme prétendant que Charles de Basse-Lotharingie, un cousin de Lothaire, qui ne s'est jamais vraiment intéressé aux affaires royales. C'est ainsi que les Seigneurs de Francie occidentale élisent le comte de
Paris, Hugues Capet, pour reprendre la couronne. Il est sacré deux jours plus tard sous le nom d'Hugues 1er en la cathédrale de
Noyon par l'évêque de Reims. Ce sacre se déroule selon un rituel germanique inventé par Pépin le Bref. Malgré son nouveau titre, il doit combattre les récalcitrants car certains vassaux refusent de lui prêter allégeance. Mais il gagne cette bataille et commence à agrandir le domaine royal en asseyant son autorité. Une nouvelle nation, la
France, prend corps petit à petit et la dynastie des Capétiens va perdurer pendant huit siècles jusqu'à la
Révolution française (même si la lignée directe s'est éteinte en 1328). Durant son règne, l'ancien prétendant
carolingien Charles de Basse-Lotharingie s'empare de Laon et de
Reims en 988-989. Mais l'évêque de Laon le trahit et le remet à Hugues Capet qui emprisonne son ennemi à Orléans. Quelques mois après son élection, il fait élire son fils Robert en tant que successeur. Au début, ses héritiers se soumettent volontiers à l'élection pour devenir Roi de
France mais, avec le temps, le Roi fait toujours élire son fils aîné de son vivant et personne n'y trouve à redire. La succession héréditaire devient alors la coutume même si certains seigneurs sont plus riches et plus puissants. Ce n'est que sous Philippe Auguste que la lignée des
Capétiens va occulter le système électoral. Le roi ne nommera plus son fils de son vivant et les successions se passeront sans difficultés. Atteint de la variole,
Hugues Capet mourut le 24 octobre 996 à l'âge de 55 ans en Beauce, entre Chartres et
Orléans au
château des Juifs de Prasville.
Auteur : Catherine
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