Etre classé « P4 » pour un laboratoire signifie « pathogène de classe 4 ». Il peut donc abriter des micro-organismes ou des virus très dangereux avec un taux de mortalité très élevé. On y trouve également des virus pour lesquels aucun
vaccin n'a encore été mis au point ou encore pour lesquels aucun traitement médical n'est efficace. Certains sont également transmissibles par aérosols. Autant dire qu'il s'agit là de micro-organismes extrêmement dangereux et qui doivent être protégés et maniés avec précaution avec une protection maximale (NSB4 soit niveau de sécurité biologique 4). Les laboratoires « P4 » sont totalement hermétiques. Ils comprennent des sas de décontaminations, des portes étanches, de sécurités anti-incendie drastiques et les effluents liquides sont décontaminés chimiquement et stérilisés à la vapeur. Les chercheurs travaillant dans leurs enceintes sont évidemment très protégés avec des scaphandres adaptés et ils doivent prendre des douches au phénol quand ils sortent du laboratoire. Ce dernier est surveillé étroitement par des
caméras et le personnel n'est jamais autorisé à entrer seul à l'intérieur. Un laboratoire P4 contient, on l'a
dit, des virus extrêmement dangereux qui peuvent provoquer des fièvres hémorragiques (Ebola, Marburg, Lassa, Congo-Crimée) ou des maladies très infectieuses et souvent mortelles (
variole par exemple). Pourquoi ces laboratoires P4 ? En 1967, à l'usine Behring de Marburg qui produisait des vaccins, des chercheurs ont été contaminés par un virus apparenté au virus Ebola. L'on compta 7 morts sur 31 personnes contaminées. De fait, les scientifiques se réunirent pour prendre toutes les précautions nécessaires lors de l'étude de ces micro-organismes pathogènes. Le tout premier laboratoire de ce type fut installé à Atlanta aux Etats-Unis (CDC : Center for Disease Control, soit Centre de contrôle des maladies). Aujourd'hui, il en existe une dizaine dans le monde et le laboratoire Mérieux fut donc inauguré à Lyon en présence de
Jacques Chirac,
Président de la République, Raymond Barre,
Maire de
Lyon et Charles Mérieux, Président de la Fondation Mérieux. Les autres sont installés aux
Etats-Unis (
Atlanta et à Fort Detrick : ce dernier est un laboratoire militaire de recherche en guerre biologique et un institut de recherche médicale militaire des
maladies infectieuses), au
Canada, en
Allemagne, en
Italie, en
Espagne, en
Suède, en
Hongrie, en
Afrique du Sud, en
Russie, en
Chine, en
Australie et en
Suisse. En 2000, la Fondation Mérieux et l'Institut Pasteur ont créé une association « Centre de Recherche Mérieux Pasteur », la fondation Mérieux en assurant le fonctionnement technique, la maintenance et la biosécurité alors que l'Institut Pasteur animait une équipe scientifique. L'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) y conduisait ses propres recherches notamment sur le Paramyxovirus et le
virus Ebola. Finalement, à partir de janvier 2004, la Fondation Mérieux a transféré à l'INSERM la responsabilité du fonctionnement technique. Le laboratoire P4 Jean Mérieux a plusieurs missions : santé publique - diagnostic et surveillance des agents pathogènes spéciaux connus ou nouveaux, naturels ou liés au bioterrorisme – accueil d'équipes scientifiques pour des programmes de recherches sur des agents pathogènes spéciaux – gestion de la collection nationale des agents pathogènes spéciaux – mission de relations internationales entre les différents pays possédant un laboratoire P4. Ce laboratoire, extrêmement important pour la recherche française et la recherche en général, est aussi bien sûr en étroite relation avec les scientifiques du service de santé des armées.
Contributions de Cathy
>>
Voir tous les articles classiques>>
Envoyer cet article à un ami>>
Ajouter cet article dans vos favoris