inscription newsletter Inscription newsletter
envoyer la page à un ami | Ajouter aux favoris | Version imprimable | annuaire  

5 juillet 1962 : le massacre d’Oran et l’indépendance de l’Algérie française

Quelques mois auparavant, le 19 mars 1962, un cessez-le-feu en Algérie a lieu suite aux accords d'Evian : le gouvernement français ayant cédé ses droits sur l'Algérie et le Sahara au gouvernement provisoire de la République Algérienne la veille. Ainsi, les huit années de guerre avec la colonie française prennent officiellement fin. Les accords d'Evian mettent un terme définitif à la colonisation française dans le monde (auparavant, la France s'est déjà séparée de l'Indochine puis de l'Afrique Noire). Après des années de lutte et de souffrance, un référendum, le 8 avril 1962, ratifie la décision du général de Gaulle. Quant aux Algériens, ils doivent se prononcer le 1er juillet 1962 pour l'indépendance de leur pays. C'est chose faite le 3 juillet 1962 : l'indépendance est proclamée en Algérie. Jusqu'à cette date cependant, les massacres vont redoubler de violence ainsi que les combats. Les principales victimes en seront les pieds-noirs et les harkis. Ainsi, une semaine après le cessez-le-feu du 19 mars, le quartier de Bab el-Oued est bouclé par l'armée française. En effet, il est à craindre que les pieds-noirs ne se laissent pas ainsi « voler » leurs terres. Une manifestation a lieu et des tirailleurs algériens font feu sur les manifestants. L'on compte 50 morts. C'est alors l'exode des Algériens de souche européenne ou israélite qui représentent environ 10 % de la population. Un million de personnes,
craignant les représailles du FLN (Front de libération nationale) et les actions de l'OAS (Organisation de l'armée secrète) fuient vers Marseille et Orly. En effet, l'OAS multiplie les attentats afin d'obliger l'armée française à rompre le cessez-le-feu. Les réfugiés arrivent peu à peu, démunis, dans une France qui les a bien vite oubliés. Trois jours après le référendum et le lendemain de la proclamation d'indépendance de l'Algérie, Ahmed Ben Bella est nommé Président de la République algérienne le 4 juillet 1962. Pourtant, à Oran, il existe une forte majorité européenne encore avec des pieds-noirs ne voulant pas quitter leurs biens ou d'autres les ayant rejoints des campagnes environnantes (bleds). Oran compte alors 400 000 habitants. Durant ces premières journées de juillet 1962, ce ne sont que débandades et défilés de voitures chargées de bagages, de musulmans et de français fuyant le pays. Le 5 juillet, alors que le gouvernement algérien conseille de reprendre une vie normale, de se rendre au travail, dans les bureaux et d'ouvrir leurs commerces, les Algériens ne l'entendent pas de cette oreille. Une foule immense arrive des quartiers arabes vers les quartiers européens d'Oran. Le défilé se veut pacifique pour glorifier la nouvelle République même si de nombreux manifestants sont armés. Sur la place d'Armes, un coup de feu est lancé à 11 heures (un signal pour déclencher les émeutes ?). Le peuple croit que c'est l'OAS qui leur tire dessus. Dans toute la ville, le carnage commence. C'est la chasse à l'Européen, une véritable boucherie qui se solde par des meurtres de population civile avec une cruauté sans nom. Les nouvelles forces de l'armée algérienne entraînent des civils par milliers : ils sont battus, tués, écorchés vifs. Certains musulmans tentent de sauver des Européens et en délivrent d'autres. Devant cette folie sanguinaire, le général Joseph Katz, qui est encore à la tête de 18 000 soldats français toujours en poste à Oran, téléphone à De Gaulle qui lui dit de ne pas intervenir. Le massacre se poursuit durant six heures jusqu'à la sortie des gendarmes français à 17 heures. Le calme revient et avec lui, on trouve dans la ville désolée, des centaines de morts jonchant les rues d'Oran. Soldats Français et Algériens se prêtent main-forte pour débarrasser les rues encombrées de cadavres. Ceux-ci sont plongés dans le petit lac et couverts de chaux pour éviter rapidement les épidémies qui pourraient subvenir dans la chaleur de l'été. Aucun recensement n'est effectivement établi : il faut faire vite. Le triste bilan, approximatif, serait de l'ordre de 2 000 morts et de centaines de disparus lors de cette seule journée du 5 juillet 1962. Le bilan de cette guerre d'Algérie aura fait 25 000 morts chez les soldats français, 2 000 morts dans la Légion étrangère, 1 000 disparus, 1 300 morts suite à leurs blessures. Côté algérien, l'on comptera 270 000 morts (un million selon le FLN). 8 000 villages auront été incendiés ainsi qu'un million d'hectares de forêts et 2,1 millions de musulmans déportés. L'on recensera aussi 4 000 victimes en France du terrorisme et bon nombre d'enlèvements. Après l'indépendance de l'Algérie, on assistera à une guerre intestine qui fit des milliers de victimes. En France, le drame harki n'intéressera pas grand monde hormis des employeurs peu scrupuleux qui y virent de la main-d'oeuvre à bon prix. En effet, ces musulmans ayant servi la France ne seront pas bien accueillis en métropole après leur fuite et seront « parqués » hors des grandes villes. Un million de harkis ne seront pas aidés par la France. Certains seront même livrés à la vindicte populaire algérienne (50 000 harkis furent tués par les Algériens). De Gaulle et son ministre Joxe donneront même l'ordre de ne pas les faire embarquer sur des navires à destination de Marseille afin de garder à la France son identité nationale !!! Les communistes, les considérant comme des traîtres, ne lèveront pas le petit doigt. Certains officiers, dégoûtés, se tourneront vers l'OAS. La France ne se retournera sur son passé qu'à la fin des années 1990... Ce n'est qu'en 2001, que Jacques Chirac, par décret, fit reconnaître une journée d'hommage aux harkis, journée fixée chaque année au 25 septembre.

Contributions de Catherine
Votez cet article :  photo - Très bien  photo - Bien  photo - A revoir

>> Voir tous les articles classiques
>> Envoyer cet article à un ami
>> Ajouter cet article dans vos favoris

 


<< juillet 2007 >>
Di Lu Ma Me Je Ve Sa
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
             

Saint Antoine-Marie

Antoine-Marie a vécu au 16ème siècle. A cette époque, l'Eglise avait besoin de réformes. Antoine-Marie, qui commença sa vie comme médecin, se réorienta rapidement pour consacrer sa vie à Dieu. Il fonda la congrégation des barnabites.



 

[ Retour à l'Annuaire ]




Qui sommes nous ? - Contact - Protection des données personnelles

Copyright 2002 / 2017 Aquadesign.be® Tous droits réservés, propriété exclusive de la SPRL Webbies