La Pologne était un grand pays à l'époque de
la Renaissance et il fallait compter sur elle parmi les grandes puissances européennes. Malheureusement, des divisions internes et les rêves hégémoniques de ses voisins comme la Prusse, l'
Autriche et la
Russie, avait anéanti la Pologne en 1795.
Napoléon Ier avait bien tenté de lui redonner une place suite au traité de Tilsit mais à sa chute, la Pologne entra sous l'autorité du tsar Alexandre Ier, une partie des territoires de l'Est étant complètement annexée. Varsovie, quant à elle, obtint un statut
de royaume dépendant de l'empire russe. Même si le tsar en était le souverain, elle disposait de son armée, de son gouvernement et de son administration. Malgré le respect témoigné par le tsar pour la culture polonaise et sa religion catholique, cette situation n'était pas du goût des habitants et principalement des militaires, des bourgeois et des étudiants de Varsovie. Nicolas Ier arriva sur le trône et se montra bien plus autoritaire qu'Alexandre Ier. L'opposition polonaise fut ravivée et une rumeur enfla : le tsar allait envoyer des hommes en France pour rétablir le roi Charles X dans ses fonctions suite à l'insurrection des « Trois Glorieuses » à
Paris. Une insurrection, bien préparée, éclata le 29 novembre 1830 à Varsovie contre les occupants russes. Le grand-duc Constantin prit la fuite et l'indépendance du pays fut proclamée. Cependant, les vainqueurs se divisèrent à nouveau et firent appel pour les aider aux gouvernements occidentaux afin de contrer un retour des Russes. Les Occidentaux, dont les Français, se dérobèrent pitoyablement laissant la Pologne seule et impuissante face aux assauts du tsar. Nicolas Ier reprit
Varsovie le 8 septembre 1831 après des semaines de combat. Plus de 10 000 Polonais durent s'exiler et se rendirent pour la plupart en France (l'on notera parmi eux un certain
Frédéric Chopin). Il faut dire que la
France avait été, de tout temps, considérée comme l'amie de la Pologne (bien qu'elle ne soit pas intervenue pour défendre l'indépendance de celle-ci). Le tsar, quant à lui, mit fin à l'autonomie de la Pologne qui devint une province russe comme les autres. Pour asservir les Polonais, il entreprit une répression féroce contre les opposants restés encore sur place et mena une politique de russification forcée. Cette insurrection polonaise aura aussi des conséquences sur les autres provinces russes et les minorités de l'empire. Elles ne bénéficieront plus de la bienveillance du tsar qui va se montrer intransigeant et répressif et elles devront affronter la montée du nationalisme russe. Quant à la
Pologne, elle ne pourra retrouver son indépendance qu'à l'issue de la
Première Guerre mondiale, en 1918.
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