La Révolution française fut certes une période extraordinaire pour l'instauration de la République mais ce fut aussi l'occasion pour certaines personnes d'abuser de leur pouvoir en se laissant aller à leurs penchants pervers. Ce fut le cas de Jean-Baptiste Carrier. Né le 16 mars 1756 à Yolet près d'Aurillac, Jean-Baptiste Carrier grandit dans un milieu pauvre. D'un tempérament renfermé et agressif, cet Auvergnant travaillait pourtant dur pour gagner le plus d'argent possible bien qu'il noyait sa solitude dans l'alcool. Courageux, il parvint quand même en 1784 à être nommé procureur à Aurillac. Tour à tour sombre ou excité, il prit des fonctions de conseiller pour le baillage avant d'être élu député en 1792 pour représenter le département du Cantal à la Convention nationale. Grand orateur, Jean-Baptiste Carrier impressionnait les députés et fut
nommé commissaire dans les Flandres. Extrémiste, il vota pour l'exécution de Louis XVI, et pour l'arrestation de Philippe d'Orléans. Finalement on l'envoya en Normandie en été 1793 pour réprimer les fédéralistes girondins et la guerre de Vendée. Après un séjour à Rennes, il arriva à Nantes où il établit un tribunal révolutionnaire et forma la « légion de Marat », des hommes assoiffés de sang dans lesquels on trouvait des esclaves de Saint-Domingue prêts à tout. Cette légion fit des horreurs et se passant du tribunal, Jean-Baptiste Carrier fit exécuter des prisonniers en masse dans les prisons. Ainsi, en deux mois, il fit fusiller 2 600 prisonniers ! Poursuivant dans sa folie destructrice, il mit au point les « mariages républicains » : en fait, il faisait monter sur des bateaux équipés de trappes, des prisonniers, les faisait attacher nus, deux par deux, de préférence un homme et une femme, et les laissait couler dans la Loire appelée pour l'occasion « le fleuve républicain ». Plus de 4 000 personnes auraient été ainsi noyées. En outre, Nantes vivait une période d'épidémies et de famines et sur les 13 000 prisonniers que comptaient la ville, près de 10 000 furent tués. De son côté, Jean-Baptiste Carrier se réjouissait de ces massacres et organisait des orgies la nuit les imposant à des nobles ou des bourgeoises suspectées de résistance à la Révolution. En outre, il profitait de sa position pour réquisitionner des biens et taxer la population afin de s'enrichir lui-même. De plus en plus fou, Carrier ordonna à ses sbires de faire appliquer une répression encore plus féroce en incendiant les maisons des rebelles et en les massacrant. Finalement Carrier fut dénoncé au Comité de salut public mais celui-ci ne le condamna pas immédiatement bien que d'autres témoignages vinrent prouver la folie sanguinaire de Carrier. Il provoqua lui-même sa fin en faisant arrêter 132 notables de Nantes (il souhaitait tout simplement avoir leur fortune). Mais ceux-ci furent jugés à Paris et acquittés. De fait, Jean-Baptiste Carrier rentra à Paris en étant nommé secrétaire de la Convention et prit part à la chute de Robespierre. Cependant, son tempérament excité et violent le poussa à injurier les députés. Une enquête fut menée à Nantes et les députés ordonnèrent son arrestation le 3 septembre 1794. Lors de son procès, il rejeta toute responsabilité et critiqua l'Assemblée. Jean-Baptiste Carrier fut guillotiné le 16 novembre 1794 en laissant derrière lui une réputation de « missionnaire de la Terreur » dont les Nantais se souviennent encore aujourd'hui.
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