Drôle de destin pour cette enfant née le 27 novembre 1635 à la
prison de
Niort ! Françoise d'Aubigné commençait bien mal sa vie ! En effet, son père Constant d'Aubigné, bien que fils du poète huguenot Agrippa d'Aubigné, n'était qu'un voyou. Constant s'était même converti au catholicisme pour des raisons purement opportunistes, cela évidemment au grand dam de son père. Quoi qu'il en soit, la petite Françoise est élevée chez sa tante, Madame de Villette, qui elle, n'a pas renié sa foi protestante. Elle part ensuite en Guadeloupe car son père est nommé gouverneur de Marie-Galante. Après la mort de ce dernier, alors qu'elle n'a que 10 ans, elle est confiée à sa marraine, Madame de Neuillant, fervente catholique qui place la fillette chez les Ursulines afin qu'elle abjure la religion calviniste. Françoise d'Aubigné épouse à l'âge de 16 ans, poussée par sa marraine,
l'écrivain Paul Scarron qui est âgé de 42 ans et qui est, de plus, paralytique. Elle sera son épouse pendant 8 ans, jusqu'à la mort de Scarron. Durant cette période, elle se cultive auprès de son mari et tient un salon où se pressent les écrivains de l'époque ainsi que les grands courtisans comme Athénaïs de Montespan. À la mort de son époux, Madame Scarron se retrouve sans le sou mais avec beaucoup de relations. C'est ainsi qu'Anne d'Autriche lui accorde une pension et quand Anne d'Autriche décède, Madame de Montespan prend le relais. C'est ainsi que Françoise Scarron se verra confier la charge des enfants illégitimes de Louis XIV et de Madame de Montespan en 1669. Elle s'installe au château de Vaugirard où elle voit de temps en temps le roi. Celui-ci fait légitimer ses enfants en 1673 et Françoise rejoint la cour. Sa relation
amoureuse avec Louis XIV commence deux ans plus tard. Séduit par son esprit et sa sagesse, le roi la nomme Marquise de Maintenon. Cinq ans plus tard, elle entre au service de la dauphine. Elle soigne avec dévouement le duc de Maine, duc d'Aumale, fils du roi et de Mme de Montespan qui, elle, ne s'intéresse guère à ses enfants. D'ailleurs, Mme de Montespan est compromise dans l'affaire des poisons et le roi s'éloigne de plus en plus de sa favorite en titre. C'est ainsi que ce couple « parental » va se transformer en couple tout court à la faveur d'un
mariage tenu secret dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683 après le décès de Marie-Thérèse d'Autriche, la reine. À la cour, Madame de Maintenon contraste avec les anciennes favorites royales. Elle fait régner une ambiance dévote et austère. On lui impute également le fait d'avoir poussé
Louis XIV à la révocation de l'édit de
Nantes, ce qui, d'après les historiens, n'est pas très plausible étant donné le tempérament charitable de la dame. Toujours est-il qu'elle n'est pas très appréciée par la cour, par la famille du roi et par le peuple. Sentant la
mort du roi s'approcher, elle part trois jours avant son
décès en 1715 pour se retirer à
Saint-Cyr dans la Maison royale de Saint-Louis destinée aux jeunes filles nobles et pauvres. Elle y décède le 15 avril 1719. Son corps, comme tous ceux des rois et reines, est déterré lors de la révolution pour être déposé n'importe où. Ce n'est qu'en 1944, alors que St Cyr est devenue depuis longtemps une école militaire, que l'établissement est bombardé par les Allemands. Lors de la reconstruction du bâtiment, une caisse sera trouvée avec comme inscription « ossements de Madame de Maintenon ». Ils sont désormais enterrés dans la chapelle de l'école militaire.
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