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3 mai 1968 : début des « Evénements de Mai 68 »

Coïncidence ou pas ? C'est le 3 mai 1936 que les urnes ont rendu leur verdict 32 ans auparavant pour amener le Front Populaire au pouvoir... Cette fois en mai 68, il s'agit d'une autre révolution, complètement spontanée celle-là. Tout a commencé en mars 1967 dans la toute jeune université de Nanterre... Les garçons voulaient avoir accès librement au dortoir des filles au nom de la liberté sexuelle prônée par un psychanalyste autrichien (non, pas Freud mais Wilhelm Reich décédé 10 ans plus tôt). Il faut préciser qu'à l'époque, on trouvait encore des écoles de filles et des écoles de garçons dès les classes de primaire, la mixité n'était pas encore instaurée. Une grève, menée par l'UNEF, Union nationale des étudiants de France, a lieu en novembre. Il faut quand même préciser que les étudiants issus des classes ouvrières étaient bien peu nombreux à l'époque... C'est alors que des petits groupes d'extrême-gauche sous la houlette de Daniel Cohn-Bendit se font remarquer régulièrement à Nanterre lors de harangues contre les professeurs et l'administration et contre le pouvoir politique en général. Car, il faut aussi préciser que les Américains se sont engagés dans la guerre du Viêt-nam ce qui soulève l'indignation, non seulement des jeunes Américains, mais aussi des jeunes Européens aisés. En outre, le système chinois et Mao Tsé-toung attirent la sympathie. C'est la fin du printemps de Prague, douce révolution écrasée par les chars soviétiques. Martin Luther King et Robert Kennedy ont été assassinés. Aux jeux olympiques de
Mexico, les athlètes noirs américains lèvent le poing en signe de révolte. Jean-Paul Sartre enflamme les foules... Bref, les temps bougent et les esprits s'enflamment. En 1968, six étudiants qui militent contre la guerre du Viêt-nam sont arrêtés le 22 mars. Aussitôt, 142 étudiants militants forment le « Mouvement du 22 mars ». Ils appellent à un grand débat une semaine plus tard. En réponse, le doyen de la Faculté verrouille les portes du 29 mars au 2 avril sans pouvoir empêcher cependant les étudiants de se réunir et de débattre. Cohn-Bendit et d'autres étudiants sont convoqués sur le motif « d'agitation » par le Conseil de l'Université de Paris le 6 mai 1968. En réponse, une grande manifestation de soutien est prévue le 3 mai à la Sorbonne. Les étudiants se rassemblent le 2 mai et se retranchent dans la Sorbonne mais le recteur a appelé les forces de police pour évacuer la célèbre université parisienne. Bien que le gouvernement ait fait la promesse de laisser les étudiants sortir des lieux dans le calme et sans violence, les forces de police font un excès de zèle et embarquent manu militari de nombreux manifestants pacifiques le 3 mai 1968, évacuant par la force près de 500 étudiants. La réponse est tout à fait spontanée et à la hauteur de l'affront subi. La Sorbonne, lieu symbolique de la culture française, est encerclée par une police armée, prête à en découdre. Le mouvement prend alors de l'ampleur, les étudiants de toutes les universités se ralliant à l'insurrection. Le 10 mai, des jeunes venant des six coins de l'hexagone arrivent à Paris pour exiger la libération de la Sorbonne. Ils se heurtent aux policiers et aux CRS (compagnies républicaines de sécurité) qui viennent d'être créées et qui font preuve de beaucoup de zèle. C'est la confrontation directe, inéluctable, entre étudiants et policiers. Comme aux temps de la Commune, des barricades sont dressées dans tous les quartiers de Paris, surtout dans le quartier latin. Ce qui n'était qu'une manifestation pacifique dégénère en furie collective. Des voitures sont renversées, des arbres abattus, des pavés décollés des vieilles rues pour ériger les barricades. Les policiers usent de gaz lacrymogènes, de grenades incendiaires et de... matraques pour déloger les résistants. Les assiégés rétorquent aux cris de « CRS, SS » (un caricaturiste répondra « Etudiants, diants, diants »). Les blessés sont nombreux de chaque côté. La télévision retransmet des images horribles de jeunes roués de coups par les forces de l'ordre. L'opposition parlementaire ne fait rien tandis que les syndicats de travailleurs reprennent le mouvement à leur compte. Une grande journée de grève est prévue le 13 mai. Tandis que la police s'est enfin retirée, le 13 mai, des milliers de personnes manifestent de manière pacifique dans les rues de Paris et surtout au Quartier Latin. La solidarité entre étudiants et ouvriers est à l'ordre du jour. La plus grande grève qu'ait connue la France se déroule alors, rassemblant près de 8 millions de grévistes en exigeant l'abolition de la Ve République mise en place par le Général de Gaulle et son fidèle Debré. De Gaulle dira alors « c'est la chienlit ». C'est son Premier Ministre, Georges Pompidou qui sortira le pays de la crise. Il mettra en place les accords de Grenelle avec les syndicats de salariés qui ne se préoccupent plus du tout du sort des étudiants. Une augmentation générale des salaires de 10 % sera effective et le SMIG sera augmenté de 35 % (c'est dire si la France avait les moyens à l'époque de le faire bien avant !). Le salaire minimum interprofessionnel garanti sera remplacé par le SMIC, salaire minimum interprofessionnel de croissance. Durant la crise, De Gaulle disparaît pendant plusieurs jours laissant les rênes à son Premier Ministre. Il réapparaît le 30 mai en annonçant la dissolution de l'Assemblée Nationale. Ce jour-là, 500 000 personnes lui donnent leur soutien en manifestant sur les Champs-Élysées. Une grande majorité de droite est réélue. Un an après les « événements 68 », De Gaulle démissionne à la suite d'un référendum sur la régionalisation et s'éteint le 9 novembre 1970. Révolution pacifiste, Mai 68 va marquer les mémoires. On la qualifiera de contestataire, anti-capitaliste, anti-américaine, anti-productiviste, tiers-mondiste, libératrice des moeurs sexuelles, son symbole étant « il est interdit d'interdire ». Reste cependant la victoire des syndicats d'ouvriers qui ont pu ainsi faire augmenter le pouvoir d'achat de 35 % des classes pauvres en un mois, le chômage n'étant que de 2 % il y a 39 ans !

Contributions de Catherine
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Saint Jacques

Avant, Jacques ainsi que Philippe étaient fêtés le 1er mai. Maintenant, on fête Joseph qui représente le patron des travailleurs. On sait que Jacques a eu un rôle important dans la religion chrétienne et on pense qu'il aurait dirigé l'Eglise durant une partie du 1er Siècle. Jacques était le frère (ou cousin) du Seigneur. Jacques est également originaire de la ville de Nazareth.



 

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