Le petit village d'Oradour-sur-Glane, peuplé de 1 200 âmes, situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Limoges, ne demandait rien à personne en ce 10 juin 1944 ! Pourtant, les habitants virent arriver des chenillettes emplies de soldats allemands appartenant à la division Panzerdivision SS « Das Reich » du général Lammerding. Pourquoi cette intrusion subite et que voulaient-ils donc ? Il faut dire que les alliés venaient de débarquer en Normandie et que, pris dans l'effervescence du débarquement, les maquisards résistants de la région avaient attaqué les Allemands et capturé deux officiers, multipliant aussi les actions de sabotage pour empêcher les Allemands de se rendre sur le front de
Normandie. Oradour accueillait en son sein quelques résistants (une dizaine au total) bien que le village soit finalement très calme. C'est donc en guise de représailles que le général Lammerding lança ses hommes pour détruire le village d'Oradour-sur-Glane. Les 120 hommes SS s'étaient déjà illustrés en Union Soviétique par leur sauvagerie envers les populations civiles. La Panzerdivision Das Reich avait été reconstituée après la bataille de Koursk et elle avait intégré dans la
région de Montauban de nouvelles
recrues alsaciennes avec ou sans leur consentement. Il leur fallait détruire les maquis mais la priorité fut changée après le débarquement du 6 juin. Le 10 juin, Adolf Diekmann et sa troisième compagnie furent autorisés à mener un raid contre Oradour. 120 hommes équipés de grenades et d'armes légères et une dizaine d'engins chenillés, armés de mitrailleuse à l'avant et à l'arrière, s'approchèrent du village qu'ils atteignirent au nombre d'environ 150-200 peu avant 14 heures. Les villageois furent rassemblés manu militari sur le champ de foire. Le prétexte était une vérification d'identité. Hommes, femmes, enfants, vieillards furent donc réunis dans le calme pour obéir aux SS, parfois violents. D'autres habitants des bourgs voisins furent aussi pris dans les rafles. Bien sûr, certains tentèrent de s'enfuir, parfois avec succès. Les autres furent atteints par les mitraillettes allemandes. Vers 14 h 45, le rassemblement des habitants fut achevé. Les SS voulaient savoir où était le dépôt de munitions des maquisards. Un officier demanda alors au
Maire de désigner trente otages ce qu'il refusa de faire. À 15 h, les femmes et les enfants furent conduits à l'église et les hommes ne voulant ou ne sachant pas révéler l'endroit du dépôt de munitions, furent divisés en six groupes et menés dans six locaux différents. Entre-temps, une partie de la population put monter à bord d'une locomotive en essai pour regagner
Limoges. C'était l'été, les granges étaient pleines de foin et de paille. Les SS lancèrent alors des grenades à l'intérieur. Les hommes furent brûlés vifs puis achevés à la mitrailleuse. Les femmes et les enfants enfermés dans l'église entendirent des fusillades et des bruits d'incendie. Vers 17 h, des Allemands déposèrent sur l'autel de l'église une caisse d'où s'échappaient des mèches enflammées. L'atmosphère devint irrespirable. Alors que les occupants de l'église étaient presque asphyxiés, les soldats y pénétrèrent pour achever les survivants à coups de mitraillettes puis ils mirent le feu au bâtiment. Les
Nazis ayant accompli leur tâche, pillèrent le bourg. Toutes les maisons furent détruites les unes après les autres. On comptera 642 victimes, dont 246 femmes et 207 enfants. On retrouvera des corps calcinés, décapités, des membres épars... Une vraie boucherie ! Une trentaine d'habitants furent rescapés. Après huit ans d'instruction, seulement 21 soldats allemands dont 14 Alsaciens « enrôlés de force » furent condamnés par le Tribunal militaire de
Bordeaux en 1953 lors d'un procès comportant bien des carences (aucune expertise médicale ni examen des vestiges, survivants non recherchés). Mais, les condamnations soulevant maintes protestations en Alsace, les coupables auront un verdict très indulgent par rapport aux crimes commis. Deux accusés furent condamnés à mort sans compter les contumaces. Les autres seront condamnés à des peines de prison ou à des travaux forcés. En
Alsace, la population demanda l'amnistie des « Malgré-Nous », ce qui sera fait le 19 février. Les deux condamnés à
mort furent libérés en 1959. Tous les accusés seront amnistiés et libérés. Inutile de préciser que cette décision souleva l'indignation en
Limousin ! Aucun des accusés libérés ne fera jamais de commentaire... Il faut dire que la
France et l'
Allemagne étaient en pleine réconciliation ! Symbole de la barbarie nazie, le massacre d'Oradour-sur-Glane aura fait l'objet d'un procès truqué dont les archives ne pourront être consultées qu'en 2053 !
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