Ce visionnaire a dit : « Vous savez. On m'a fait dire : « Le XXIe siècle sera religieux ». Je n'ai jamais dit cela, bien entendu, car je n'en sais rien. Ce que je dis est plus incertain : je n'exclus pas la possibilité d'un événement spirituel à l'échelle planétaire. » Georges André Malraux, né le 3 novembre 1901 à Créteil, est décédé le 23 novembre 1976, il y a donc 30 ans. Alors qu'il a 4 ans, ses parents se séparent. Sa petite enfance n'est guère rose. Chez sa grand-mère, avec sa mère, celle-ci n'arrête pas de lui dire qu'il est laid. André laisse tomber ses études en 1918, alors qu'il a 17 ans, et fréquente les bouquinistes, le
cinéma, le
théâtre, les expositions, les concerts. C'est ainsi qu'un des plus grands écrivains du XXe siècle n'aura jamais son
Bac. Il publie pourtant des essais littéraires et des proses dès 1920. Il se marie avec Clara Goldschmidt, jeune juive cultivée d'origine allemande dont il aura une fille Florence, et devient directeur d'une maison d'édition « Editions du Sagittaire ». À Phonom Penh, au
Cambodge, il se fait arrêter :
il n'a rien trouvé de mieux que de voler un bas-relief à Angkor pour le vendre. Il est condamné à 3 ans de
prison et sa peine est commuée à un an avec sursis... Tous les intellectuels de l'époque étant intervenus comme
Louis Aragon, André Breton, François Mauriac,
André Gide ou encore
Max Jacob. Malraux rentre enfin en France en 1924 puis retourne en
Indochine en 1925 et y fonde un journal militant qui disparaîtra vite. A nouveau en France, il écrit son premier roman « La Voie Royale » en 1930. Dès 1933, il a conscience des dangers du fascisme et du nazisme et il rejoint les révoltés espagnols en 1936 jusqu'en 1937. Durant la première guerre, Malraux s'engage dans l'armée. Il est blessé, s'enfuit, se retrouve dans la Résistance sous le nom de « Colonel Berger ». Il se rend à
Moscou en 1940 au Congrès des écrivains soviétiques. Il y rencontre un certain
Staline. Il rencontre le
Général de Gaulle après la guerre en 1945. Se portant une estime réciproque, les deux hommes auront des rôles politiques, Malraux étant devenu un des plus fidèles serviteurs de Charles de Gaulle. Il deviendra même son ministre de 1945 à 1949, lors du gouvernement provisoire. Le même Charles de Gaulle le nommera Ministre de la culture de 1959 à 1969. À l'étranger, il incarnera la
France quand il rencontrera Nehru ou Mao Tsé-Toung. Outre son aura d'écrivain mondialement connu, André Malraux aura fondé les Maisons des jeunes et de la culture, mais aura également voulu élargir la notion de l'art vers les arts populaires et accessibles à tous. Il aura aussi fait ravaler les grands monuments parisiens. Mais son rôle politique reste peu important, même s'il a fréquenté Mao,
Kennedy, Nehru, préférant rencontrer, et excusez du peu...
Picasso,
Chagall, G.
Braque, De Vlaminck, A. Derain, F. Léger, J.
Cocteau, A.
Gide, M. Jacob... Ce qu'il reste d'André Malraux, ce n'est pas tant son histoire que ses oeuvres littéraires et philosophiques, qui le désigneront comme l'un des plus grands auteurs du XXe siècle. Il meurt en 1976, le Président
Pompidou, successeur de Charles de Gaulle, venant se recueillir devant sa dépouille au petit matin. L'homme historique et l'écrivain philosophe verra ses cendres transférées au
Panthéon en 1996, non loin de celles de
Jean Moulin qu'il avait célébrées lui-même en 1964. On lui doit de magnifiques ouvrages tels que « La voie royale », « La condition humaine », « L'espoir » et tant d'autres et des citations célèbres comme : « Il y a des guerres justes. Il n'y a pas d'armée juste. » - « il faut soixante ans pour faire un homme, et après il n'est bon qu'à mourir. » - « Le fou copie l'artiste, et l'artiste ressemble au fou. » - « On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n'en fait pas davantage sans »... Et puis enfin « Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. ».
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