Alessandro Filipepi, naît à Florence en 1445 dans une famille de tanneurs. On le surnomme alors « botticello » (petit tonneau) comme son frère en raison de leur silhouette ronde, le sobriquet deviendra un nom de famille « botticelli ». Le petit Sandro (diminutif d'Alessandro) semble doué pour la peinture et suit des cours dans l'atelier de Filippo Lippi, un grand peintre florentin. Comme dans tout atelier à cette époque, le maître est entouré d'apprentis qui se spécialisent dans tel ou tel domaine (drapés, paysages, etc...) et l'atelier produit des oeuvres à la chaîne pour la grande bourgeoisie, le
clergé ou la noblesse. Botticelli entre ensuite à l'atelier de Verrochio où il rencontre Léonard de Vinci qui deviendra son rival. En 1470, il ouvre son atelier et son talent reconnu lui permet de rencontrer les plus grandes familles florentines, dont les Vespucci (Amerigo Vespucci donna son nom au Nouveau Monde) mais surtout les Médicis. Laurent de Médicis lui accorde aussitôt sa protection. Botticelli rencontre également des philosophes humanistes qui lui apprennent la théorie néoplatonicienne... Son oeuvre en portera la trace dans de célèbres allégories qui seront inspirées de l'Antiquité païenne dont le chef-d'oeuvre « le Printemps » qui illustre les saisons avec des nymphes, Vénus et Cupidon ainsi que Mercure. En 1481, Botticelli reçoit une commande de fresques pieuses de la part du pape Sixte IV qui donnera son nom à la Chapelle Sixtine. Elles sont encore visibles à côté des magnifiques fresques de Michel-Ange réalisées 30 ans plus tard. La rivalité entre le Pape et les Médicis fait que son talent n'est pas reconnu. Après son escapade romaine, Botticelli s'attaque alors à son chef d'oeuvre « La Naissance de Vénus », une allégorie illustrant la terre, l'eau, l'air et le feu et l'Amour, harmonie entre les éléments. Mais Laurent le Magnifique décède en 1492 et les Florentins sont soumis à un dévot prédicateur, Jérôme Savonarole. Le retour de la religion austère met à bas l'optimisme humaniste. Ce changement dans les mentalités est perceptible chez tous les artistes de l'époque et notamment chez Botticelli dont les peintures deviennent plus sombres. L'artiste décède en mai 1510 à Florence en nous laissant des portraits émouvants ainsi que des peintures de madones magnifiques. Ses représentations de la femme sublimée n'ont jamais été égalées tant dans la représentation charnelle que dans la finesse des traits.
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