À l'issue de son quatrième et dernier voyage dans ce qu'il croit être les Indes, Christophe Colomb arrive le 7 novembre 1504 en Espagne. Agé d'environ 53 ans (sa date et son lieu de
naissance font encore polémique aujourd'hui), il est très malade. La reine Isabelle la Catholique, qui a toujours soutenu Christophe Colomb, décède quelques jours après, fin novembre 1504. L'Amiral de la mer Océane (titre honorifique faisant allusion à l'océan Atlantique) en est très affecté, d'autant plus que le roi Ferdinand se moque éperdument de l'aventurier et lui retire même certains privilèges. Colomb, qui est aussi nommé vice-roi des Indes, se retire alors à Séville dans une maison louée dans la paroisse de Santa Maria. Il y coule des jours solitaires bien qu'il soit très riche mais abandonné de tous. Ses droits provenant de ses découvertes sont impressionnants mais Colomb demande des revenus supplémentaires que le roi ne veut pas lui accorder. Son homme de confiance, Carvajal, veille sur ses possessions de Saint-Domingue et encaisse les revenus... Le fils de l'Amiral, Diego, est garde du roi à la cour d'Espagne et habile courtisan, et représente les intérêts de son père. Finalement, Christophe Colomb se décide à se rendre à Ségovie, en Castille, en mai 1505, un voyage de 500 kms à dos de mulet, pour rencontrer le Roi et lui
parler de ses déboires. Mais celui-ci reste une nouvelle fois sourd à ses revendications. Colomb aimerait en effet, être mis sur un pied d'égalité avec l'Amiral de Castille. Devenant à moitié aveugle, sa santé décline fin avril 1506, il souffre de
la goutte et d'
arthrite. Il est alors transporté à Valladolid, non loin de Ségovie. Il meurt le 20 mai 1506, jour de l'Ascension, entouré de ses fils Diego et Fernando ainsi que de ses frères Bartolomeo et Diego et de quelques moines franciscains. Sur son lit de mort, il était encore persuadé d'avoir atteint l'
Asie par l'Ouest sans avoir pris conscience de l'énormité de sa découverte ! Toutes ses richesses pourront faire vivre deux générations de Colomb. Ses obsèques sont célébrées à Valladolid où il est enterré, sans qu'aucune personne de la Cour n'assiste à la cérémonie. Sa mort n'est ni inscrite sur le registre officiel de la ville, ni même reprise par l'historiographe officiel de la Cour... Comme si, vraiment, cela n'avait aucune importance. Tous les
bijoux et autres richesses ayant appartenu à Christophe Colomb sont pourtant remis à son fils Diego. Ce ne fut que quelques mois après sa
mort que finalement, on s'aperçut que les indigènes ramenés en
Espagne après ses voyages, n'étaient nullement des Indiens, comme les avait surnommés lui-même l'Amiral, mais bien les habitants d'un monde inconnu qui sera appelé
Amérique. Le roi Ferdinand sortit enfin de son indifférence en faisant ériger un monument honorifique en mémoire de Christophe Colomb. Ses restes aussi devaient être transférés ! Ils furent donc transportés en 1513 à Séville, là où avait vécu le grand marin, à la demande de l'épouse de Diego Colomb, Marie de Tolède, nièce du roi. Son cercueil fut déposé au couvent des Chartreux de Sainte Marie des Grottes, en face de Séville. En 1526, Diego est enterré près de son père. Mais... Coup de théâtre ! La dernière volonté de Christophe Colomb était d'être enterré à Saint-Domingue, c'est ce qui est fait en 1536 et le cercueil traverse l'Atlantique. Si on commence à le reconnaître pour avoir découvert le Nouveau-Monde, il tombe peu à peu dans l'oubli et plus personne ne se souvient très bien de l'endroit où il est enterré ! Ce n'est qu'au début du XIXe siècle que les Historiens s'intéressent vraiment au personnage. En 1795, la
France devient propriétaire de l'île de Saint-Domingue contre certains territoires des Pyrénées. Les Espagnols organisent alors un nouveau transfert de la dépouille de Colomb vers l'île de
Cuba, à
La Havane, qui est à l'époque possession espagnole. Puis arrive la guerre hispano-américaine en 1899 et une nouvelle fois, les restes de
Christophe Colomb sont transférés... à Séville. Un petit coffre est placé près des restes d'Hernando, le fils de Christophe, en 1902, derrière le choeur, dans la cathédrale de Séville. Cependant,
Saint-Domingue prétend toujours détenir les cendres du grand explorateur. À partir de juin 2003, les experts se penchent sur le problème en réalisant des tests
ADN par rapport aux ossements d'Hernando et de Diego. Les conclusions sont finalement que les restes de
Séville sont bien ceux de l'Amiral de la mer océane... On espère qu'ils reposeront enfin en paix désormais !
Contributions de Catherine
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