La Turquie, s'étant ralliée aux puissances centrales, est vaincue lors de la guerre de 1914-1918. La Grèce a des visées sur ce proche territoire. C'est alors que Moustafa Kemal, général de 38 ans, se rebelle contre le sultan et prend la tête du mouvement nationaliste en s'opposant fermement à toute entente avec la
Grèce. Il réunit alors en 1919 un Congrès national. La Turquie est divisée entre les partisans du sultan à Istanbul et les nationalistes soutenant Moustafa Kemal à Ankara, en Anatolie. Un démembrement de l'empire ottoman est ainsi envisagé lors du traité de paix signé à Sèvres par le sultan en 1920. Ceci est insupportable pour les Turcs et notamment Moustafa Kemal : ils se
soulèvent et chassent les armées étrangères et les grecs installés en Asie mineure, se rendant ainsi à nouveau maîtres de leur territoire. Cette guère d'indépendance (suite à l'invasion de Smyrne ou Izmir) est une victoire en 1922. Moustafa Kemal devient un héros pour les turcs qui le surnomment « Ghazi » (le Victorieux). Fort de sa popularité, il oblige les alliés à accepter un nouveau traité qui pose les bases de la Turquie d'aujourd'hui. Ce traité est signé à
Lausanne en 1923 reconnaissant les frontières de la Turquie. Le sultan avait fui, désertant son palais, Moustafa Kemal a la voie libre. Première chose : ses soutiens se situant principalement à Ankara, il en fait la capitale de la
Turquie à la place d'
Istanbul. Il décide aussi de réformer son pays en se tournant vers l'Occident, symbole de progrès. Le sultanat est aboli le 1er novembre 1922, et il autorise les femmes à sortir le visage découvert. Puis, le 29 octobre 1923, la République turque est proclamée à l'unanimité par l'
Assemblée nationale réunie à
Ankara. Moustafa Kemal en sera le premier Président avec un pouvoir absolu, mettant fin au sultanat et à l'
empire ottoman. Il restera 15 ans à la tête du pays et en fera un état laïc et moderne. Ses avancées seront nombreuses : abolition de la
polygamie,
mariage civil obligatoire, séparation de la religion et de l'Etat, adoption de l'
alphabet latin, droit de vote des femmes en 1934 (bien avant la
France)... Aujourd'hui encore, Mustafa Kemal, décédé en 1938, est vénéré par la population turque qui le qualifiera « Atatürk » (père des Turcs).
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